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Jeudi 26 janvier 2017

What if they went to Moscow

Christiane Jatahy

Le Parvis Scène Nationale Tarbes Pyrénées - Ibos

Saisissante double relecture des trois sœurs de Tchekhov

What if they went to Moscow au Parvis, photo de Stéphane Boularand
What if they went to Moscow au Parvis, photo de Stéphane Boularand

La proposition de la metteuse en scène brésilienne Christiane Jatahy commence par un choix : commencer par la projection du film ou par la scène. Un choix qui aurait été difficile si on connaissait la nature de la proposition, mais c’est un peu au hasard et à l’intuition qu’on choisit de commencer par la grande salle du Parvis. Une grande salle réduite en toute petit jauge pour assister à What if they went to Moscow, une adaptation tout en liberté des Trois sœur de Tchekhov qui bouscule les formes pour aller à l’essentiel. Dans la pièce de Tchekhov, les trois sœurs ne sont jamais vraiment la ou les attends, de l’ainée Olga qui remplace la mère disparue à la jeune Irina qui fête ses 20 ans qui envisage un peu dans le vide de tout plaquer pour partir à Moscou. Mais Christiane Jatahy va plus loin en prenant de la liberté avec le texte pour aller à l’essence même de la relation entre ces trois sœurs, des doutes qui les rongent et de ce qui les anime en annonçant dès le début de son adaptation qu’il serait question de voir comment on pouvait changer. Et si on envisageait vraiment de partir à Moscou ? Une heure et demi de spectacle ou l’absence de distance entre les spectateurs et les comédiens nous fait entrer de plein pieds dans la psychologie malmenée par l’absence d’emprise sur ce qui change vraiment. On voit bien les caméras tournoyer dans les mains de comédiens, mais sans vraiment se soucier de ce que ça peut donner comme images.
Ce n’est qu’en allant de la salle de cinéma qu’on découvre la précision de la mise en scène et la perception incroyablement cinématographique des mouvements et des lumières. Loin du théâtre filmé, les gros plans et les scènes tournées dans les coulisse donnent une ambiance et une intimité que fait penser à des films comme Intérieurs de Woody Allen et derrière l’ombre de Bergman. Sans vraiment changer la perception des trois sœurs, l’œil de la caméra instille une vision encore plus intime de cette lutte pour réussir à changer le cours de ce qui semble déjà écrit. Un superbe spectacle !

Stéphane Boularand


Jusqu’à samedi à 19h au Parvis