22 juillet 2010 La cigale et le lion Théâtre du Tremplin Off du festival d'AvignonEmbrouilles au pays des Fables de La Fontaine Parmi la multitude des spectacles proposés dans le off du festival d’Avignon, on a pu remarquer « La cigale et le loup » présenté par les tarbais de la Compagnie de l’Illustre Corsaire. Une très libre adaptation des fables de La Fontaine qu’on apprend par cœur dès les classes du primaire. La cigale qui ne pense qu’à chanter, le vil renard prêt à tout pour obtenir son fromage, le lion qui a bien besoin d’un plus petit que lui ou le loup qui s’offrirai bien un chevreau pour le déjeuner. Des personnages qui nous sont devenus familier à force à répéter, puis de faire répéter, ces immuables vers. Mais voila, quand la fourmi n’en peux plus d’entendre la cigale chanter tout l’été et se lamenter l’hiver venu de ne plus rien avoir à manger, tout s’emballe ! Le lion fait arrêter la cigale et la rumeur de son emprisonnement n’en fini pas de résonner dans toute la forêt. Une opportunité pour le renard qui en profite pour faire un coup d’état avec la complicité du loup. Quand les personnages sortent de leurs fables respectives tout parait possible. Les vers se mélangent pour nous emporter dans une fable qui aurait mal tourné ! Près d’une heure de spectacle ou Maya Paquereau interprète d’improbables rencontres entre la cigale, le loup, le lion, le renard et la tortue avec quelques belles chansons à la clef. Un regard délirant sur ces incontournables fables, pour le plus grand plaisir des petits, mais aussi des adultes ! Pour ceux qui n’étaient pas à Avignon, il faudra attendre la fin d’année pour voir le spectacle en Hautes-Pyrénées, le 10 décembre à Arreau et le 17 décembre pour les scolaires à la MJC d’Aureilhan. Stéphane Boularand |
19 juillet 2007 Le mariage forcé Théâtre de l'Albatros Off du festival d'AvignonC’est déjà un beau parcours, que celui de ce Mariage Forcé de Molière monté par la compagnie de l’Illustre Corsaire. Depuis sa création à Tarbes, lors d’une résidence au Pari il y a deux ans, il est passé au théâtre du Grand Rond à Toulouse, et le voila, jusqu’au 28 juillet, dans le « off » du festival d’Avignon. Cette pièce n’est pas la plus connue de Molière. Ce n’est probablement pas le texte le plus riche qu’il ait écrit ! Il fallait être créatif pour rendre attrayante cette modeste comédie. C’est donc avec une nécessaire audace qu’Emmanuel Gérard, bien connu de ceux qui suivent la toile filante du Parvis, s’est lancé dans la mise en scène de ce mariage. Sganarelle, un barbon de 53 ans, s'est mis en tête d'épouser la toute jeune Dorimène. Il est envahi par une volonté soudaine de ne pas disparaître sans laisser de suite. Elle voit en ce mariage une façon d’échapper à son père. Géronimo instille le doute dans l’esprit du futur époux en tentant de le dissuader de se lancer dans cette aventure. Il demande conseil à deux philosophes, se fait dire la bonne aventure. La crainte d’être cocu se transforme en certitude lorsqu’il surprend une conversation sans équivoque entre sa promise et son amant. Marche arrière toute ! L’ex-futur-beau-père semble compréhensif. Une illusion qui s’envole quand le frère vient le provoquer en duel. Sous la contrainte, il épousera. Qui a dit que le mariage pouvait être un piège ? Un texte qui a subit un bon dépoussiérage pour en extraire les aspects les plus actuels, les plus éternels : la peur de disparaître, celle de s’engager. La dizaine de personnages est jouée par Marc Lallement, Karine Monneau, mais aussi une louche, un poireau et autres accessoires inattendus. Une succession de face à face: Marc Lallement se dispute avec un balai méprisant, Karine Monneau intrigue avec un effrayant couteau de boucher. Une belle performance où le jeu devient aussi ludique pour les comédiens que pour les spectateurs. On n’a pas tous les jours l’occasion de voir couper la tête d’un des interprètes comme on coupe un poireau ! C’est effectivement une bonne façon de sortir des sentiers battus. Ce n’est pas la seule réussite de la pièce. Il y a aussi une mise en scène efficace organisée autour d’une espèce de cahute, dans la veine du théâtre forain. Fermée, elle permet de faire du théâtre de marionnettes, ouverte elle se révèle être une boite à malice d’où sortent les accessoires-personnages. Elle finira par se refermer sur les protagonistes. Depuis sa création au Pari, le jeu des comédiens et la mise en scène ont continué à évoluer par petites touches pour donner à ce Mariage Forcé sa maturité. En attendant les noces d’or, vous pourrez les retrouver en octobre à Villefranche-de-Rouergue. Stéphane Boularand |