| Présentation L’EQUIPE DE REALISATION est une compagnie tarbaise fondée en 1988. Elle est née d’une envie commune de jeunes passionnés de théâtre, issus de formations diverses (metteur en scène, comédiens, scénographes, techniciens, danseurs) de se regrouper pour travailler ensemble et se professionnaliser. Après une période qui a vu la création de nombreux spectacles purement théâtraux (entre autres : "Mademoiselle Julie" de STRINDBERG, mise en scène Eric SANJOU ; "La Diagonale du nain" de Pär LAGERKVIST, mise en scène Jean-Louis HEBRE ; "La Déposition" d’Hélène PEDNEAULT, mise en scène Jean-Louis HEBRE – création nationale), l'EQUIPE DE REALISATION a le désir d'orienter ses choix artistiques vers la création de spectacles explorant un « savant mélange des arts ».
Les productions | 2004 | Le Cri… texte et mise en scène de Kty SOUM, osmose entre théâtre, danse contemporaine, musique, art plastique, ayant pour toile de fond la guerre civile espagnole et la tragédie des réfugiés républicains. | | 2007 | création OPERA DE MALDOROR qui s’inscrit dans la même logique : la fusion du théâtre, de la musique, de l’utilisation de la voix humaine, sous toutes ses formes, dans un spectacle total. L’EQUIPE DE REALISATION dispose d’un parc matériel lumière et son important et de compétences techniques qui lui permettent de proposer aux diffuseurs ses créations en totale autonomie.voir notre compte rendu |
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Vu pour vous 21 février 2008 Opéra de Maldoror Salle des Fêtes de Lannemezan(nous avion déjà vu ce qpectacle lors de sa création au Pari, le 19/03/07) La magie de cette adaptation des « Chants de Maldoror » d’Isidore Ducasse, Comte de Lautréamont aura une fois de plus fonctionné. Le spectacle commence dès l’entrée dans la salle : en promenant les spectateurs dans une déambulation sonore et visuelle, le public plonge progressivement dans l’ambiance étrange de Maldoror. Une mise en situation qui permet de laisser à l’entrée ses repères de la vie courante : on se sent bien plus proche de la demi-lune que de cette grande et impersonnelle salle des fêtes de Lannemezan. Embarquement immédiat pour un voyage peu recommandable; Lautréamont avertit : « Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre : quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger ». Le ton est donné ! Les gradins qui cernent la scène de près, les senteurs des feuilles, les jeux d’ombres et de lumières plantent un décor intimiste. Les perçussions de Francis Ferrié et les instruments de André Fertier vont bien au delà d’un simple élément d’ambiance en se mêlant profondément au texte. La présence de la Scène de Musiques Actuelles de La Gespe dans la production n’est pas anodine. La mise en scène de Jean-Louis Manceau exploite tous nos sens pour nous amener jusqu'à ce texte audacieux et magnifique. Avec Dominique Prunier, il joue en quelques tableaux toute la violence, la cruauté et la folie de Lautréamont. Le texte est proprement porté sur scène, avec tout ce qu’il a de provocateur. Rien ne nous est épargné ! Lautréamont revendique : « Il y en a qui écrivent pour rechercher les applaudissements humains au moyen de nobles qualités de cœur. Moi, je fais servir mon génie à peindre les délices de la cruauté ». L’objectif est atteint : on est exposé à un déferlement qui nous maintient sous une tension continue. On sort de ce spectacle un peu désorienté, il faudra un peu de temps pour revenir de cet univers sans limites. On gardera sans doute le souvenir d’un très étrange voyage ! Depuis sa création au Pari à Tarbes lors de la saison dernière, la production de l’Equipe de Réalisation et de la Scène de Musiques Actuelles de La Gespe fait son chemin. Il y a déjà eu une « Lecture Musicale » au Marathon de Mots de Toulouse. Mais le meilleur est à venir ! Pour commencer, cet été ce sera le Festival de théâtre de Figeac organisé par les Tréteaux de France sous la houlette de Marcel Maréchal. Puis, en octobre, retour à Tarbes pour une représentation à La Gespe dans le cadre de la Décade Littéraire. Et enfin, ce sera la prestigieuse scène Parisienne de la Péniche Opéra, du 19 novembre au 8 décembre. Un superbe parcours pour ce spectacle né en Hautes-Pyrénées. Et ce n’est certainement pas terminé… S. Boularand | 19 mars 2007 Opéra de Maldoror La PariL’Opéra de Maldoror, Lautréamont de retour à Tarbes Comment peut-on monter au théâtre "Les Chants de Maldoror", poèmes sombres et sulfureux, œuvre devenue mythique d’Isidore Ducasse, Comte de Lautréamont. «La lecture des Chants a changé définitivement ma vision du monde» dira Dali. André Breton voit dans ces textes les prémices du surréalisme. Un monument qu’il a publié à 22 ans, quelques années après avoir quitté le Lycée Impérial à Tarbes. C’est le pari que s’est lancé Jean-Louis Manceau. Un récidiviste ! Il s’était jeté dans l’aventure en 1972, déjà accompagné par la musique d’André Fertier, à l’Espace Cardin à Paris. Trente cinq ans plus tard, ils se retrouvent et créent au Pari cet Opéra de Maldoror accompagnés de la comédienne Dominique Prunier et de la World Music de Joël Grare. Un plateau de haut niveau réuni par L’Equipe de Réalisation avec le soutien de la Scène de Musique Actuelle de La Gespe. Un projet auquel ont été associés des lycéens de Tarbes et de Lourdes tout au long de sa genèse. Le spectacle commence au bas de l’escalier qui mène à la salle du Pari. Par une déambulation, les spectateurs plongent dans l’ambiance étrange et inquiétante de Maldoror. Il y a déjà les ingrédients essentiels du spectacle : une proximité extrême, une musique omniprésente, un décor et des éclairages qui emmènent le spectateur dans un autre monde. Tous les sens du spectateur sont sollicités. L’ambiance est entre la messe noire et la corrida dont on retrouve la disposition scénique. Du texte de Lautréamont, Jean-Louis Manceau a retenu trois tableaux essentiels qui par leurs sonorités se prêtent particulièrement bien à sa volonté de mêler musique et théâtre. Quelques mois avant sa mort, à Paris, les voisins d’hôtel d’Isidore Ducasse allaient se plaindre de « ce jeune homme, déclamant la nuit des prosopopées, en plaquant des accords au piano». On passe ainsi de scènes très rythmées, violentes, aux couleurs chaudes à des atmosphères de folie froide. Les comédiens placés très proche des spectateurs ne peuvent tricher, et jouent avec une intensité remarquable. On en ressort en ayant la sensation d’avoir vécu un peu du tourment de Lautréamont et la conviction d’avoir assisté à un spectacle ambitieux et réussi auquel on peut souhaiter une longue vie. Début juin, ils seront au Marathon des Mots de Toulouse pour une lecture à deux voix et en musique. Ensuite Jean-Louis Manceau a d’autres projets, toujours liés à cette époque, avec Lautréamont ou Le bateau ivre de Rimbaud. A moins que ce soit Ubu roi d’Alfred Jarry. En attendant vous avez jusqu’à dimanche pour vous frotter à cet étrange et maléfique Maldoror qui vous attend au Pari. Stéphane Boularand |
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