11 octobre 2007 Femmes de boue, femmes debout Le Pari - TarbesFemmes debout, face à la guerre Le Pari propose à partir de vendredi et pour six représentations « Femmes de boue, femmes debout », une création qui met en scène le regard de femmes sur la guerre. On pense aussitôt à ce regard de femmes-victimes au Kosovo, au Rwanda ou ailleurs, au fil des conflits. Il est plus difficile d’imaginer le regard qu’elles portent sur ce qui les entoure. C’est ce que les femmes du Théâtre du Matin et le Théâtre de la Bulle nous proposent avec les deux pièces écrites par des hommes, auteurs contemporains. La première pièce est « Du sexe de la femme comme champ de bataille » de Matéi Visniec. Tout un programme ! Le destin croisée de deux femmes transformées par la guerre en Bosnie. Dora, marquée dans son corps par le viol, cette méthode guerrière, mélange de violence et domination sexuelle qui laisse une femme détruite et un enfant dont le sang est témoin de l’affrontement ethnique. Elle voit pousser cet enfant, qu’elle considère comme un étranger, un cancer qui la ronge de l’intérieur. Face à elle, il y a Kate, une américaine venue en Europe pour assurer le soutien psychologique de ceux qui identifient les corps dans les charniers de Srebrenica. Mais comme personne ne soutient le psychologue, celle-ci a craqué et a demandé à prendre un peu de distance avec cette réalité monstrueuse. Deux trajectoires qui se rencontrent – se percutent en un sens - dans une clinique de l’OTAN. Le texte, inégal, est par moment très intense : il nous renvoie une image brutale de cette situation dramatique en donnant corps à une douleur qui n’est pas très médiatique. L’interprétation par Nathalie Lhoste-Clos d’une Dora ravagée par ce quelle subit met mal à l’aise le spectateur, peut être encore plus la spectatrice. On vous avait prévenu, ce n’est pas un vaudeville ! Après cette première pièce et un petit entracte qui pourra vous réconforter, c’est le « Stabat mater furiosa » de Jean-Pierre Siméoni qui vous attend. Ce n’est pas la douleur de la Vierge face à son fils crucifié, mais la fureur d’une femme face à la guerre. Cet auteur contemporain a imaginé la « parole d’une femme, libérée autant qu’il se peut du dolorisme que lui assignent des conventions millénaires, paroles dressées en invective brutale et sans rémission face à la merde du meurtre perpétuel ». Le texte apporte un regard intemporel et intérieur sur la pièce précédente. Très symboliquement, le décor de cette pièce est la face cachée du décor de la première partie de la soirée. « On peut imaginer que c’est l’enfant né du ventre de Dora qui parle » propose Mercedes Tormo qui a mis en scène les deux pièces. Françoise Delile-Manière se lance de sa voix grave, avec une grande intensité, dans ce long monologue, qu’une mise en scène assez seventies tente de rythmer. L’exercice de mise en scène est difficile, vous avez jusqu’au 21 octobre pour vous faire votre opinion.. Stéphane Boularand Article d'annonce : Résidence au Pari - octobre 2007
Les femmes font la guerre à la guerre au Pari Depuis le début du mois d’octobre, le Pari accueille en résidence le Théâtre du Matin et le Théâtre de la Bulle pour « Femmes de boue, femmes debout ». Le regard des femmes sur la guerre, sur ceux qui la font et sur ce qu’il reste après le conflit. Derrière ce projet quatre femmes : les comédiennes Françoise Delile-Manière, Nathalie Lhoste-Clos, Monique Huet et Mercedes Tormo qui assure la mise en scène. Elles ont choisi de mettre en regard deux textes contemporains. Ces de deux hommes l’un roumain, l’autre français qui ont imaginé un regard de femmes. La première pièce est « Du sexe de la femme comme champ de bataille » de Matéi Visniec. La rencontre brutale entre deux femmes dans une clinique d’Allemagne. Dora, est une réfugiée de Bosnie qui a été violée. Elle souffre de ce qu’elle a vécu, elle souffre de cet enfant qu’elle porte, ce morceau de guerre qui est en elle. Face à elle, il y a Kate, une psychologue américaine en mission humanitaire, qui tente d’établir le contact. Le second texte est le « Stabat Mater Furiosa » que Jean-Pierre Siméon a terminé à Saïda au Sud Liban, en 1997. Il a voulu que ce soit «un texte qui règle son compte radicalement à l’homme de guerre, cet éternel masculin ». Tout un programme ! Samedi dernier lors des répétitions ouvertes au public, on a pu entrevoir l’avancement de ce projet. On attend impatiemment la fin de semaine pour assister au résultat ! Il y aura six représentations du vendredi 12 au dimanche 21 octobre. Et comme le Pari fait les choses dans les grandes dimensions, cette création sera accompagnée tout au long du mois par d’autres évènements. On peut déjà aller voir au Pari jusqu’au 21 octobre l’exposition de photos sur la guerre. Mercredi 10 octobre, ce sera une conférence suivie du film de Bertrand Tavernier « La vie et rien d’autre ». Et ça continue la semaine prochaine avec des lectures et deux autres pièces de théâtre. Le détail du programme est disponible au Pari et en ligne sur www.bigorre.org, en attendant que le site web du Pari soit ouvert. Stéphane Boularand |