Eugene Chadbourne
Le Celtic
Eugene Chadbourne, tout simplement
Dans la salle du Celtic, le public silencieux forme un arc de cercle autour
d’Eugene Chadbourne. Il s’installe dans un coin du pub avec ses instruments pour
cette escale à Tarbes dans la longue tournée qui va lui faire traverser l’Europe
et le conduire au Japon. Le nom de ce vieux routier de la musique traditionnelle
américaine a suffi pour attirer pas mal de monde ! En une heure de show, il nous
propose de le suivre au fil des styles qu’il a explorés.
Le concert démarre avec le banjo de la country music. Qu’on apprécie ou pas
le style cowboy, on ne peut qu’être séduit par le virtuose. On pourrait déjà
faire une bonne soirée avec ça. Mais quand il troque son banjo contre un dobro,
il ouvre alors sur d’autres espaces : free jazz, blues, bossa nova comme cette «
Girl from Ipanema » qui devient « The girl from Al Qaïda ». Pour cet américain
né à coté de New York, « la dérision est aussi une façon de survivre, de se
délivrer du 11 septembre ». Il utilise le mot « relief » qui exprime aussi le
soulagement. C’est bien comme ça que le public New Yorkais l’a reçu. Puis, il
termine son concert avec un instrument non identifié, une espèce de râteau à
gazon musical. C’est le râteau qui est musical, pas le gazon. « Pour moi, ces
différents styles, c’est une façon d’éviter de se laisser enfermer, de devenir
prisonnier. Je cherche à aller au delà de tout ca pour aboutir à une musique qui
m’est propre ». C’est en passeur de sons qu’Eugene Chadbourne nous a invités
très simplement et chaleureusement à le suivre, le temps d’un concert, sur cette
route qu’il continue à explorer.
Stéphane Boularand |