| | | Depuis la décentralisation, les poids des régions est devenu déterminant. Les politiques culturelles régionales nous touchent donc directement. Nous proposons aux candidats aux régionales de Midi-Pyrénées de réagir sur quelques aspects de ce thème : | La lettre envoyée aux candidats | La réponse de Jean-Claude Saran pour Sandra Torremocha (Lutte Ouvrière) reçue le 1er mars 2010 Nous avons bien reçu votre courrier nous demandant notre position sur la politique culturelle en Midi Pyrénées.
Notre courant est minoritaire et si nous avons des élus au Conseil régional, ils ne seront qu'une opposition tout aussi minoritaire, qui dénoncera ce qui se trame contre les classes populaires et qui soutiendra leurs luttes, mais qui pèsera de manière négligeable au niveau des décisions qui seront prises. Aussi bien en matière de culture qu'en ce qui concerne les préoccupations premières des travailleurs, comme le chômage, la précarité ou les bas revenus, le Conseil Régional n'a aucun pouvoir face aux vrais décideurs : ceux qui dirigent l'économie dans les conseils d'administration des grandes banques et des grandes entreprises. Vos questions s'adressant plutôt au futur exécutif du Conseil Régional, nous ne jouerons pas à faire comme si elles s'adressaient aussi à nous. Nous nous bornerons à vous dire notre opinion sur le sujet qui vous mobilise, et pour information, à vous résumer le sens du vote pour notre liste. Nous considérons que la culture, que nous voyons évidemment comme un moyen d’épanouissement, devrait être accessible à tous, y compris à ceux dont les revenus sont les plus faibles, et y compris à ceux qui sont éloignés des centres et équipements culturels et ne peuvent s’y déplacer aisément, ce qui souvent se recoupe. Cela suppose bien sûr des choix budgétaires à tous les niveaux, dont le niveau régional, assurant le développement en quantité, en diversité et en qualité de l’offre culturelle, par le subventionnement des structures à caractère public ou associatif. Cela ne peut se faire qu’en donnant aux acteurs de l’action culturelle (artistes, techniciens, personnels…) le statut, la liberté, et les moyens d’exercer leur métier dans de bonnes conditions, et donc en stoppant la précarisation croissante qui touche ce secteur comme bien d’autres. Ces choix budgétaires, et finalement la mise en place d’un véritable service public de l’art et de la culture, sont possibles à condition d’imposer que les collectivités, régionales ou autres, réorientent vers ce secteur, une partie des fonds actuellement donnés aux entreprises (sous prétexte d’aide à l’emploi, mais en fait comme cadeaux à leurs propriétaires et actionnaires, qui sauront éventuellement se montrer reconnaissants). Bref que les subventions publiques aux entreprises cessent au profit des subventions aux services publics, et parmi eux ceux de la culture et de la connaissance. Par ailleurs, si l’on veut vraiment que l’art et la culture deviennent accessibles à tous, il faut commencer par se donner les moyens d’offrir à la population et en particulier à la jeunesse, la possibilité et le goût de s’y intéresser. Cela signifie d’abord que l’éducation, et en particulier celle des couches populaires, devienne une priorité absolue, pour donner aux enfants, dès le plus jeune âge, l’ouverture d’esprit et les outils de base nécessaires (maîtrise de la langue notamment). Cela implique de donner à l’école les moyens de travailler, c’est-à-dire des locaux et surtout du personnel en nombre suffisant (enseignants, personnels administratifs et techniques), ce qui est l’inverse de la politique engagée par les gouvernements depuis trop longtemps. Là aussi, ce sont des choix budgétaires et au final des choix de société qui se présentent : il faudra imposer que l’argent public serve à l’école publique et non à multiplier les cadeaux aux entreprises et aux riches. Finalement, la culture ne pourra devenir réellement accessible à tous que si les conditions de vie (logement, travail, transports…) cessent de se détériorer encore pour la majorité pauvre de la population. Sans cela, les préoccupations d’un quotidien toujours plus difficile, et l’absence de perspectives et d’avenir pour une part croissante de la population et notamment de sa jeunesse, ne laisseront que bien peu de place à la « Culture », alors réservée à une minorité. Imposer aux capitalistes actionnaires des banques et des grandes entreprises, comme à leurs serviteurs politiques à tous les niveaux, de mettre fin au pillage de la société au profit d’une minorité de nantis, c’est pour nous la seule façon sérieuse et sincère d’envisager de donner un jour à la Culture et de façon plus générale à la Connaissance la place qu’elle mérite. Et dans cette élection, c'est aux travailleurs que nous nous adressons. Et nous leur disons que le mieux qu'ils ont à faire est de crier leur révolte contre une organisation sociale qui laisse crever la seule classe productive de l'économie alors que le grand patronat, les actionnaires, les banquiers, les seuls responsables de la crise, en profitent pour s'enrichir plus encore qu'avant. II n'y a pas de fatalité à subir, il n'y a qu'un rapport de forces aujourd'hui trop favorable à ceux qui dirigent la société. Mais les travailleurs peuvent se faire craindre. Cela ne se fera pas dans les urnes des élections régionales, pas plus que dans aucune autre élection. Aucune élection ne peut se substituer à l'explosion sociale que les vrais dirigeants de la société ont mérité mille fois. Mais cette élection peut contribuer à la préparation de cette lutte en montrant qu'une fraction de l'électorat populaire, est consciente que les propriétaires et les actionnaires des entreprises et des banques sont trop irresponsables pour qu'on leur laisse la direction exclusive de l'économie. Le seul moyen d'empêcher une débâcle plus grave encore est de soumettre les entreprises au contrôle de la population. Et s'ils ne s'y soumettent pas, de les exproprier. Ce sera le sens du vote pour les listes de Lutte Ouvrière. Pour Sandra Torremocha Et les candidats de Lutte Ouvrière JC SARAN + le lettre de Sandra Torremocha |