| | La réponse de François Meunier (Lutte Ouvrière) reçue le 21 mai 2012Monsieur, J'ai bien reçu votre courrier du 12 mai 2012 me demandant ma position sur "la politique culturelle conduite par la majorité sortante" et celle "menée (?) par François Hollande". Je ne serai pas élu le 10 juin, mais je peux cependant vous indiquer mon opinion sur vos préoccupations. Les gouvernements précédents ne se sont guère illustrés en matière de politique culturelle, si ce n'est en prêchant la recherche d'économies à tout prix au détriment des personnels et de l'accès à la culture pour tous. Je ne prendrais que trois exemples. L'attitude vis à vis des intermittents du spectacles. Ces « intermittents » qui sont en fait des travailleurs intérimaires, des comédiens certes, mais surtout des techniciens : éclairagistes, cameramen, machinistes, etc., les entrepreneurs de spectacles en ont absolument besoin. En 2003, en augmentant le nombre d'heures de travail effectuées par ces intermittents nécessaires pour percevoir des indemnités de chômage, en raccourcissant la durée d'indemnisation, le Medef avait déclenché un mouvement de riposte plus que justifié. Depuis, la situation des plus de 100 000 allocataires n'a pas changé : le scandale continue. Profitant de la pression du chômage, la majorité des patrons des entreprises de l'audiovisuel, par exemple, continuent à ne déclarer les intermittents qu'ils emploient que pour des horaires bien inférieurs à la réalité... et des salaires réduits en conséquence. La réduction du nombre d'heures consacrées à certaines matières à l'école. La majorité des jeunes des classes populaires, qui ont de fait beaucoup moins accès à la culture ne pourront pas compter sur l'Education Nationale pour acquérir cette ouverture culturelle qui leur manque. Mais le problème du ministre de l'Éducation, et celui de tout le gouvernement, se résumait à ce slogan : « Faire des économies à tout prix ». Les musées et monuments nationaux. Les syndicats avaient calculé qu'entre 2009 et 2011 mille postes avaient disparu sur les 23 000 salariés du ministère. Les travailleurs ont dénoncé cette politique qui entraînait, à certains moments, les difficultés à accueillir un public parfois nombreux, notamment les jours de gratuité. Les 10 % d'économies budgétaires que le gouvernement voulait réaliser dans les services liés à l'État sous prétexte de « gains de productivité », se sont faits aux dépens de la culture, comme de l'éducation, de la santé ou des transports en commun. En ce qui concerne les "engagements" du candidat François Hollande en la matière, il y a beaucoup de belles phrases. Mais le président François Hollande compte comme son prédécesseur assumer la dette publique sans s'en prendre aux responsables et bénéficiaires de celle-ci : les grandes banques et les grands groupes industriels du pays. Autrement dit la politique de rigueur budgétaire va continuer et ce sont toujours les mêmes qui en paieront les conséquences : les services publics en général (dont la culture) et au final la population. François Hollande conditionne tous ses "engagements" à une relance de l'économie. Mais qu'est ce que cela signifie en cette période de crise ? Et quels sont les obstacles à cette "relance" sinon la volonté du grand patronat de conforter ses profits crise ou pas crise, en pressurant l'emploi , les salaires et les conditions de travail des salariés. La "relance" façon Hollande, ce sera "l'austérité de gauche" voilà tout. Et on le vérifiera très vite, car si on épargne les capitalistes, ce sont les conditions de vie de la population laborieuse qui seront visées, "relance" ou "pas relance". La politique culturelle, comme les autres services publics, est victime de cette logique, qui fait que les caisses publiques sont avant tout au service d'une minorité de capitalistes et banquiers, élus par personne, mais qui pourtant décident de la vie de millions de travailleurs. François Hollande président s'incline et s'inclinera devant "le mur de l'argent". Pour abolir cette logique nuisible à l'ensemble de la société, il faudra que les travailleurs, ceux de la culture compris, l'imposent aux vrais décideurs, par leurs propres luttes. Il n'y a pas de sauveur suprême. C'est pour populariser le programme de ces luttes que Nathalie Arthaud s'est présentée à l'élection présidentielle. C'est avec le même but que nous sommes candidats aux élections législatives. Recevez nos salutations Pour les candidats de Lutte Ouvrière en Haute Pyrénées François Meunier Candidats de Lutte Ouvrière dans les Hautes Pyrénées 1ère circonscription / Maria Saez enseignante 2ème circonscription / François Meunier instituteur la lettre de François Meunier |