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A une époque où la politique culturelle passe souvent derrière l'économie, Bigorre.org
a souhaité connaître le projet de ceux qui font - ou souhaitent faire - la
politique culturelle des principales villes des Hautes-Pyrénées.
Réagissez sur le forum culture et suivez notre démarche sur le flux
politique_culturelle

Résultats
Bigorre.org a été
le premier site à publier les estimations de résultats du 1er et du
2nd tour.
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dimanche 16 mars |
Résultats définitifs :
Gérard Trémège réélu avec 54,34 %
de voix. Son projet de politique culturelle
Jean Glavany recueille 45,66 % des voix
la participation a été en hausse de 4% pour s'établir à
69,32%
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mardi 11 mars |
- La liste Modem de Pierre Lagonelle ne
fusionnera ni avec la liste de Gérard Trémège, ni avec celle de Jean
Glavany. Il ne donne aucune consigne de vote pour le second tour.
- La liste de Gérard Trémège pour le 2nd tour est inchangée.
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dimanche 9 mars |
Résultats
du 1er tour (résultats officiels)
- Gérard Trémège : 47,42%
- Jean Glavany : 38,32%
- Pierre Lagonelle : 8,96 %
- Christian Zueras : 3,75%
- François Meunier : 1,55%
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Le projet de
politique culturelle des candidats
Nous avons contacté les candidats à la mairie de Tarbes. Les candidats des autres
villes peuvent aussi nous contacter pour présenter ici leurs idées que nous
publierons dans les mêmes conditions.
Voici le texte soumis aux candidats :
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L’association Bigorre.org publie le site
Internet éponyme consacré à la vie culturelle à Tarbes et dans le reste
des Hautes-Pyrénées. Nous sommes donc très sensibles au devenir de la
création, de la réalisation et de la diffusion culturelle, en
particulier dans leurs aspects locaux. Nous souhaitons mieux connaître
le projet de politique culturelle des candidats aux élections
municipales à Tarbes afin d’éclairer nos Internautes sur cet aspect des
enjeux de ce scrutin.
Nous vous sollicitons pour que vous nous
précisiez :
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Votre regard sur la situation actuelle : La
Gespe, le Pari, les Théâtre des Nouveautés, les festivals, les
musées, les aides aux associations culturelles, les animations,
l’office de tourisme…
-
Votre projet culturel pour Tarbes : quelles
(r)évolutions tant au niveau artistique qu’économique, que
comptez-vous faire dans ce domaine au long de votre mandat ?
Les réponses que vous nous aurez apporté, par
une lettre ou en nous recevant, seront publiées sur notre site Internet
www.bigorre.org. Nos visiteurs pourront ainsi juger de votre implication
sur un thème qui passe bien souvent après l’économie... |
Nous avons contacté
29
janvier 2008 : La réponse de Gérard Trémège (maire sortant)
Le
candidat Gérard Trémège a demandé à Anne-Marie Argounès, Maire adjointe à la
culture de nous recevoir:
S B : Bonjour, vous faites partie de l’équipe municipale sortante. Quel
bilan faites-vous de ces 6 années à la mairie de Tarbes ?
A-M A : De 2001 à 2007, nous avons réalisé de nombreux
investissements en matière culturelle. D’abord au sein de Tarbes en
Scène qui comprend La Gespe, Le Pari et le théâtre des Nouveautés.
La Gespe a été entièrement réhabilitée de l’extérieur et nous
avons construit un studio d’enregistrement pour permettre aux groupes de
jeunes de pouvoir enregistrer des CD.
Ensuite il y a le Pari. C’est quelque chose qui nous tenait
particulièrement à cœur puisque ça faisait partie du projet du candidat
Gérard Trémège. C’était une friche en plein centre ville, un vieux
cinéma. On l’a racheté, on l’a réhabilité et on en a fait un lieu de
résidence unique en Midi-Pyrénées. On le met à disposition des
compagnies professionnelles locales ou extérieures qui souhaitent venir
créer un spectacle- théâtre, danse, etc. à Tarbes. Pendant 3 semaines
c’est les répétitions – dont une partie est publique – et ensuite il y a
une semaine de représentations. Le lieu est mis à disposition
gratuitement et les recettes sont pour les compagnies. Pendant cette
période les compagnies doivent animer le lieu avec des expositions, des
lectures par exemple. Plusieurs spectacles ont depuis été joués dans le
département, à Toulouse, à Paris ou à Avignon.
Il reste le théâtre des Nouveautés qui est un cas particulier car il n’a
pas de programmation propre.
Nous avons reconduit la convention avec Le Parvis de mise à
disposition pour 90-100 dates par an. On a aussi une convention avec la
FOL pour les spectacles jeune public. Et tout le mois de juin est prit
par les galas de danse. Il ne reste pas beaucoup d’espace pour une
programmation propre. On avait essayé avec un cycle d’opérettes, mais ça
n’a pas bien marché. J’aimerais faire une programmation, mais ça n’est
pas à l’ordre du jour. Par contre ce qui est à l’ordre du jour, c’est de
refaire complètement l’intérieur : changer tous les fauteuils, revoir
l’éclairage et repeindre l’intérieur. Ça c’est le projet de la prochaine
mandature.
Pensez-vous que le prix des spectacles permette au plus grand nombre d’y
accéder ?
Actuellement au Pari les spectacles sont à 12 €, 8 € si on achète
le carnet « tout Pari » qui est valable toute la saison. Ce que l’on
souhaite, c’est mettre en place une carte Accès à la culture pour les
jeunes qui donnerait droit à des réductions très importantes.
La musique à Tarbes c’est d’abord La Gespe, mais c’est aussi d’autres
sites comme le pub Le Celtic ou le bar L’Entre-Pote qui programment encore
plus de groupes. Et puis il y a des collectifs très actifs.
La Gespe propose des concerts presque toutes les semaines qui
rassemblent entre 500 et 800 jeunes. Ils accompagnent aussi les groupes
locaux. Les autres sites sont privés. Ils n’ont jamais demandé à nous
rencontrer. [NDLR Gérard Trémège a rencontré dernièrement les
animateurs de groupes locaux au Celtic et il leur a proposé une
collaboration étroite avec la SMAC la GESPE]
L’été, il y a des concerts place de Verdun et puis il y a la fête de la
musique. Et dans un autre style, il y a les « rendez-vous au jardin
Massey» pendant l’été.
Avez-vous des projets pour développer cet axe ?
Dans l’immédiat… non, on n’en a pas encore parlé.
Et pour les expositions ?
Actuellement nous avons le Carmel pour l’art contemporain. Depuis 2001,
nous avons essayé de relever le niveau des exposants. On a eu Miro, Soulages,
Calder, Braque. Nous essayons aussi de favoriser les artistes Bigourdans. On
va poursuivre la réhabilitation du Carmel : on a déjà fait la chapelle,
on va faire le jardin, dans l’esprit des jardin médiévaux des
monastères. Il restera l’immeuble lui-même.
En 2010, le musée international des Hussard au jardin Massey
devrait rouvrir. On a des coups de fils de partout, il n’y a que 3 ou 4
musées des Hussards en Europe. Ça a pris du retard, mais maintenant tous
les crédits ont été votés. On a du revoir le projet car les subventions
européennes sont passées de 1,5 M€ à 700 k€. En février/mars, on commence
l’aménagement du bâtiment 103 du site du GIAT pour stocker les
collections afin de pouvoir entamer les travaux début 2009. On va créer un
service des musées, ce sera un musée moderne avec tout ce qu’il faut :
vidéo, audio guide pour adapter la visite à tous les publics.
la maison natale du maréchal Foch va être rattachée au service des
musées et nous allons reprendre le site du Haras que nous allons continuer à faire vivre.
On a aussi une politique d’acquisition d’œuvres d’art : il y avait
eu le Toutain près du stade, le cheval devant le monocle, le poulain
devant le Mairie. On a aussi refait le retable de l’église Saint-Jean.
On va continuer à acquérir des œuvres pour la ville
Vous avez signé avec CGR un accord pour ouvrir un multiplexe sur le site
du GIAT. Que vont devenir les salles du centre ville ?
C’est passé en conseil municipal. Quatre des salles du CGR actuel
resteront gérées par CGR pour faire du cinéma d’art et d’essai. Les
quatre autres salles sont rachetées par la mairie pour les mettre à
disposition des compagnies théâtrales locales, qui on besoin d’espace
pour répéter et faire des représentations. Plusieurs nous ont proposé de
le faire vivre toute l’année. Et pas forcement que du théâtre : il peut y
avoir du ballet, du chant, les chorales locales, toutes les activités
des associations culturelles. Ces associations ont besoin le lieux,
c’est une réponse.
Que va-t-il se passer sur le site du GIAT
Il y a le projet du multiplex CGR. Le Parvis veut décentraliser
son centre d’Art Contemporain sur le site du GIAT. Et nous souhaitons avoir un projet majeur sur ce site, un grand
espace multiculturel pour des expositions, des installations, de grandes
sculptures, pour y faire des conférences. On a aussi besoin d’un grand
espace pour la danse, pour faire des concerts. Les bâtiments du GIAT
sont immenses, ce sont des cathédrales ! Le bâtiment 103 servira de réserve et accueillera les archives
municipales. Et le petit bâtiment avec le clocheton sera une maison des
associations. Entre les deux, on aura une immense place arborée. Avec ce site, on a un
grand espace. On pense qu’on mettra 15 ans
pour l’aménager.
Quel bilan et perspectives pour les festivals ?
Equestria a énormément augmenté, notamment depuis que le festival
est passé du Jardin Massey au Haras National. Tangueando c’est pareil,
il y a de plus en plus de monde, beaucoup d’étrangers. Et puis il y a
le festival de musique militaire, 5000 à 6000 personnes au Stade Trélut.
Tangueando marche très bien, Equestria marche très bien ce sont des
choses qu’il faut continuer à promouvoir.
Quelle a été l’évolution du budget alloué à la culture et des aides aux
associations ?
C’est quelque chose qui a évolué énormément : de 2001 à 2007, les
subventions aux associations a augmenté de 50%. Et le budget de la
culture est de 7 M€, c’est presque 10% du budget de la ville, ce qui
représente 150€ par habitant.
Est-ce que cette évolution va se poursuivre, ou jugez-vous désormais
qu’il a atteint un niveau satisfaisant ?
Il va aller en augmentant. Si on se réfère à ce qui se fait
ailleurs, c’est 12 à 13%.
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11
février 2008 : La réponse de François Meunier
François Meunier à
L’Association Bigorre.orgLe 3 février 2008
J’ai bien reçu votre lettre me demandant mon « projet de politique
culturelle pour Tarbes » qui a retenu toute mon attention.
Je ne vous dirais pas comme d’autres candidats, ce que je ferais si je
suis élu maire car je ne serai pas élu maire.
Mais j’ai quelques idées en matière de culture. Je suis communiste et
à ce titre je pense que « la culture » peut être un élément déterminant pour
l’émancipation des exploités. Ecouter, comprendre, transmettre, lire,
communiquer, se cultiver, tout cela nous parait nécessaire pour aller dans
le sens de la société humaine que nous voulons. Et tout ce qui aujourd’hui
va dans le sens d’une culture accessible au plus grand nombre me paraît
positif. Il faut bien évidemment revenir au statut des intermittents tel
qu’il était avant sa modification.
Et ce que je peux promettre c’est que si nous avons des élus au sein
du conseil municipal, c’est cela que je soutiendrai. Et plus généralement
c’est pour représenter les intérêts des travailleurs, des précaires, des
chômeurs, des retraités et des plus démunis, que nous inscrirons notre
action municipale. Car les élus de Lutte Ouvrière seront toujours au coté de
la population pour porter au Conseil Municipal les revendications de ceux
qui se battent pour améliorer leurs conditions.
Nous nous présentons dans cette élection pour permettre aux électeurs
des classes populaires de sanctionner le plus clairement possible le
gouvernement de Sarkozy et de Fillon au service des possédants ; d’affirmer
que le monde du travail en a assez qu’on lui fasse les poches pour remplir
celles du grand patronat et des plus riches au détriment des services
publics et de la population ; et de ne pas donner un chèque en blanc à la
gauche municipale.
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13
février 2008 : La réponse de Pierre Lagonelle
Pierre Lagonelle nous renvoi à son programme "Culture et animations"
publié le 12 février 2008 qui répond partiellement à notre demande:
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LE SOUTIEN
AUX MANIFESTATIONS CULTURELLESL’animation culturelle d’une ville
est très importante et « Tarbes Pour Tous » veut soutenir encore plus
certaines manifestations déjà existantes :
* Le Festival BD Tarbes-Pyrénées qui se tient sous la Halle Marcadieu
* Equestria qui est actuellement le festival de création équestre le plus
connu en Europe. Confirmant Tarbes dans sa dénomination de « Tarbes, ville
du cheval », Equestria a accueilli en 2007 plus de 35.000 spectateurs au
mois de juillet.
* Le Festival de tango argentin, reconnu maintenant au niveau international
et qui accueille chaque année au mois d’août des danseurs du monde entier.
Durant une semaine, Tarbes vit à l’heure de Buenos Aires, particulièrement
au niveau des cafés et des restaurants.
* Le Pic d’Or, festival tarbais de la chanson française
* Le concert du Nouvel An, par l’Ensemble Instrumental de Tarbes très prisé
des Tarbais
* Dance Roots, musique swing avec cours et danses au mois de mars
* Les Fêtes de Tarbes à renouveler et à rendre plus participatives avec
l’organisation d’un Festival de théâtre de rues, la Fête de la Musique, et
les Fêtes des communautés (concerts, danses et repas traditionnels) avec
cinq grandes soirées espagnole, portugaise, marocaine, algérienne et
ultramarine.
Nous voulons aussi créer 2 animations nouvelles :
* sélectionner un projet de l’ESACT chaque année et financer sa réalisation
dans un quartier (une sculpture par exemple)
* une grande exposition annuelle de peinture et de sculpture à la Halle
Marcadieu pour les artistes locaux.
L’OFFICE DE TOURISME
L’Office de Tourisme doit devenir un
acteur majeur des animations et de l’activité touristique. Il faut lui
donner plus de moyens en lui conférant une dimension communautaire par son
rattachement au Grand Tarbes pour en faire un vrai outil de développement
économique. L’OT doit proposer des formules aux visiteurs qui viennent le
consulter. Dans ces formules seront proposées une hôtellerie associée à une
restauration, et une activité en fonction des demandes (visites de sites,
randonnées en montagne, VTT, cyclotourisme…). Ces formules, sur lesquelles
Pierre Couderc a travaillé, seront réalisées en partenariat avec les acteurs
locaux du tourisme. L’intérêt de ces formules est de fixer plus longtemps
sur place les touristes qui ne restent en moyenne que 1,8 jour sur Tarbes.
Aujourd’hui l’agglomération tarbaise n’est que « la porte des Pyrénées
Centrales », faisons en sorte qu’elle en devienne au moins « l’antichambre »
!
LE SOUTIEN AUX QUARTIERS ET AUX ASSOCIATIONS
Il est
nécessaire d’aménager des salles des fêtes dans les principaux quartiers. La
plupart de nos villages des Hautes-Pyrénées ont ce type d’équipement qui
rendent de multiples services (repas de mariages, soirées dansantes,
spectacles divers…). Ces salles des fêtes permettraient de développer une
vraie vie de quartier et d’accueillir les nombreuses réunions des
associations toujours à la recherche de salles disponibles.
Tarbes compte des dizaines d’associations culturelles. Il faut leur donner
les moyens d’évoluer correctement avec des salles de répétition adaptées
pour la musique, le chant et le théâtre, avec des ateliers spacieux et bien
éclairés pour la sculpture et la peinture. Pour l’animation de certaines
cérémonies et pour assurer un certain nombres de spectacles à la population,
un « contrat de partenariat » sera passé entre la municipalité et une
trentaine d’associations culturelles tarbaises bien structurées. Ce contrat
permettra de donner plus de moyens financiers et une meilleure logistique.
Nous voulons créer un véritable service logistique de quatre personnes au
sein du service vie associative qui sera chargé d’aider matériellement les
organisateurs qui préparent un spectacle ou une fête de quartiers. Ce
service sera équipé d’un camion plateau et aura à sa disposition plusieurs
chapiteaux de tailles différentes. Sa mission sera d’accompagner au mieux
les bénévoles associatifs dans les opérations de manutention et les montages
techniques.
LES MUSÉES DE TARBES
Notre ville est très mal lotie au
niveau des musées. La maison natale du Maréchal Foch attire peu de monde et
le Musée Massey est fermé depuis plusieurs années. Le projet de rénovation
du Musée Massey a été plusieurs fois retardé par le Maire et revu à la
baisse à cause de la diminution des subventions espérées. Aujourd’hui, dans
le meilleur des cas, il n’est prévu de rouvrir ses portes qu’en 2010. C’est
un projet très coûteux de plus de 5 millions d’euros. Il n’est pas question
de remettre en cause la qualité du travail d’inventaire et de restauration
qui a été menée. De même on ne peut que reconnaître la richesse historique
de cette collection de 15.000 pièces. Par contre on peut s’interroger sur le
succès que peut rencontrer ce type de musée et quel est le public potentiel
?
On parle de 18.000 personnes intéressées par le sujet à travers le monde. Le
risque est grand de créer un musée qui serait plus un conservatoire pour les
spécialistes de l’histoire militaire qu’un lieu attractif pour le grand
public. Nous rappelons qu’il s’agit d’un investissement coûteux et que le
bâtiment qui est sensé abriter cette collection est un des bâtiments les
plus intéressants de Tarbes par sa taille, son architecture et son
emplacement. La question que nous posons est la suivante :
faut-il dépenser 5 millions d’euros et mobiliser un des lieux les plus
prestigieux de Tarbes pour quelques milliers de visiteurs par an ? A titre
de comparaison Equestria attire 35.000 spectateurs en quelques jours et le
TPR mobilise jusqu’à 10.000 supporteurs pour un seul match. Nous sommes
favorables à la mise en valeur du patrimoine historique mais nous disons que
ce projet mérite un débat public sur son dimensionnement et sur son
emplacement, avec une explication sur les véritables enjeux financiers,
culturels et touristiques, afin que les Tarbais s’approprient ce dossier et
qu’il soit démocratiquement tranché.
DÉVELOPPER LE CONCEPT « TARBES VILLE DE CONGRÈS »
Tarbes
doit se positionner comme une ville en mesure d’accueillir des congrès. La
plupart des congrès ont lieu en fin de semaine, période à laquelle les
hôtels sont moins remplis. Ils contribuent donc à assurer un meilleur taux
d’occupation de ces établissements et assurent une activité à d’autres
secteurs économiques : bars, restaurants, taxis, commerces. L’organisation
de visites touristiques pour les accompagnants contribue à faire découvrir
notre région et incite à revenir pour parfaire la découverte. Il faut savoir
qu’en 2007 le seul congrès de gynécologie a amené à Tarbes 3200 personnes.
Pour que Tarbes puisse se positionner correctement sur ce segment de ville
de congrès, il faut se doter d’un véritable centre de congrès, dans lequel
les congressistes pourront travailler dans de bonnes conditions avec des
salles insonorisées et climatisées. De plus, ce centre de congrès servira
aussi à accueillir des concerts et des spectacles. |
25
février 2008 : La réponse de Jean Glavany
La lettre de Jean
Glavany
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Tarbes
le : 25 Février 2008
Objet : projet de politique culturelle pour
Tarbes
Monsieur le Président,
J’ai bien reçu votre courrier relatif à votre
souhait de connaître ma position et celle de la liste sur le dossier
de politique culturelle et je vous en remercie.
Tout comme il s’agit de donner à chaque enfant
les moyens de sa réussite dans le domaine de l’éducation, il faut
permettre à chacun d’accéder à la culture. Répondre à ce besoin
parfois non exprimé de l’individu, c’est lui permettre d’évoluer
tout au long de la vie, d’acquérir de nouveaux repères qui
facilitent son intégration effective dans la vie de la cité. Tout
comme l’on a longtemps affirmé que « tout est politique », on peut
ajouter, sans risque de se tromper, que tout est culturel, étant
entendu que la culture ne saurait se réduire aux critères
administratifs qui souvent l’enserrent, ni aux pratiques trop
segmentées qui écartent de fait ceux qui considèrent que « cela
n’est pas fait pour eux ».
Aussi, notre politique culturelle entend répondre à tous les
publics, existants et potentiels, parmi lesquels les scolaires. Dès
à présent, l’on peut définir quelques axes forts :
- Relever notre patrimoine muséographique
- Bâtir des cohérences à partir des pratiques culturelles actuelles
- Inventer de nouvelles formes d’expression culturelles
- Organiser une concertation au niveau de l’agglomération avec les
acteurs culturels
Relever notre patrimoine muséographique
Malgré une restructuration annoncée qui tarde à aboutir, l’état de
nos musées est préoccupant.
Le Musée Massey dispose de trois collections :
- la collection du Musée international des hussards, unique en
Europe par sa richesse, est encore dans les cartons, attendant avec
une impatience qu’elle ne peut manifester la mise en œuvre de son
projet muséographique.
- la collection des Beaux Arts est actuellement invisible puisque le
musée est fermé.
- la collection dite « Bigorre et Quatre Vallées » qui fait
traditionnellement partie des réserves du musée est particulièrement
maltraitée. Elle comprend quelques pièces archéologiques peu
nombreuses mais de grande valeur (par exemple le masque mortuaire du
IIe siècle avant notre ère trouvé à Montserrié), de nombreux objets
Arts et Traditions populaires (ATP) et quelques éléments
remarquables dans le domaine des sciences naturelles. Cette
collection Bigorre et Quatre Vallées mérite son propre musée qui,
au-delà de la ville et de l’agglomération, serait aussi celui du
département. Il aurait pour mission de concevoir et de réaliser une
exposition thématique annuelle coordonnée avec une scénographie
interactive permanente.
Le Musée de la Déportation et de la Résistance doit, en relation
avec les associations de résistants, associations fondatrices, être
rénové et, avec des moyens appropriés, jouer son rôle de lieu de
conservation de la mémoire mais aussi de centre de documentation et
de recherche.
La fonction de la maison natale de Foch, musée encore national, doit
être pensée : une piste possible serait l’introduction de la
dimension militaire de Tarbes en bâtissant une cohérence entre Musée
des hussards, Musée Foch, architecture militaire du XIXe siècle et
Haras.
Enfin, la création d’un Centre de culture scientifique, technique et
industrielle (CCSTI) traduirait la place de l’industrie dans notre
histoire. Porteur sans nostalgie d’un pan de notre passé, outil
pédagogique dans une ville où 5 000 étudiants suivent une filière à
dominante technologique , il serait tourné vers l’avenir, en liaison
avec le pôle universitaire, avec les laboratoires de recherche dont
l’excellence est reconnue (électronique de puissance, aéronautique,
céramique, agromatériaux) et avec les hautes technologies qui se
développent actuellement dans le bassin tarbais.
Ces équipements, dont le coût doit être pris en compte avant toute
décision finale, outils pédagogiques pour les jeunes, moyens de
connaissance pour tous, contribueront à projeter la ville,
l’agglomération et leurs partenaires vers un avenir où les diverses
expressions de l’intelligence sont déterminantes.
Bâtir des cohérences à partir des pratiques
culturelles
La culture, dans la diversité de ses pratiques, contribue au
lien social. Tarbes dispose d’atouts incontestables mais inégaux. Il
s’agit d’abord d’opérateurs reconnus et d’équipements qui, selon les
cas, relèvent de la compétence de Tarbes ou du Grand Tarbes.
Les acteurs culturels forment un maillage dense : Le Parvis, Tarbes
en Scènes avec le Théâtre des Nouveautés, le Pari et la Scène de
Musiques Actuelles, La Gespe, l’ECLA d’Aureilhan, le CAC de Séméac,
les compagnies théâtrales, la Ligue de l’Enseignement, les écoles de
musique dont le Conservatoire Henri-Duparc, Médianes, les diverses
associations culturelles. Pourtant, il serait abusif de qualifier ce
maillage de réseau car les acteurs culturels, souvent éloignés les
uns des autres, mettent trop rarement en œuvre des projets communs.
Cela sans méconnaître les rapprochements entre le Conservatoire
Henri-Duparc, Médianes et la Scène de Musiques Actuelles. La semaine
de lutte contre le racisme et les discriminations a rassemblé,
autour d’un événement tout à la fois festif, social, culturel et
politique de nombreuses organisations.
Une politique culturelle suppose des partenariats à l’échelle de
l’agglomération et le dépassement des clivages actuels entre le
culturel, le social et l’éducatif. Ces clivages sont inscrits dans
les financements publics qui séparent volontiers les actions
culturelles qui relèvent du ministère de la Culture, via la DRAC, l’Education
populaire, de la responsabilité du ministère de la Jeunesse et des
Sports, et les actions menées en direction de publics éligibles au
titre de la politique de la Ville. Pourtant, les initiatives de
terrain montrent que les partenariats sont non seulement possibles,
mais qu’ils permettent un brassage des publics, toujours ressenti
comme un enrichissement humain.
La volonté de mettre en œuvre des cohérences ne saurait cependant
être une négation du travail accompli. D’abord parce que
l’excellence est un facteur d’attractivité de notre ville : La Scène
nationale comptabilise 200 000 entrées annuelles à ses divers
spectacles, dont au moins un quart en provenance des
Pyrénées-Atlantiques, des Landes et de la Haute-Garonne. Equestria,
festival de création de l’art équestre depuis 1995, attire 30 000
personnes en juillet (Tarbais et festivaliers) et le renom du
Festival international du Tango argentino s’étend au-delà de nos
frontières.
La Scène de Musiques Actuelles La Gespe, labellisée pôle régional
structurant au service des associations (seuls deux pôles de ce type
existent à l’échelle de la Région, Tarbes et Castres) et la Ligue de
l’Enseignement sont investis dans des missions d’éducation. Le
succès des concerts de La Gespe ne doit pas occulter la qualité de
ses actions de formation en faveur de groupes en voie de
professionnalisation ou plus largement sa participation à des
projets pédagogiques menés avec des scolaires. Le Théâtre Jeune
Public de la Ligue de l’Enseignement est complété par des actions de
formation dans le domaine de l’Education populaire. …/…
La mise en relation, la pratique de
partenariats autour d’un projet commun devraient permettre de tisser
des liens dans d’autres domaines. Si par exemple la ville de Tarbes
organise au Carmel des expositions de peinture d’artistes reconnus,
la notoriété et la qualité de l’enseignement de l’Ecole supérieure
des arts et céramique (ESAC) sont en même temps largement méconnues
par les Tarbais et le Centre d’art contemporain du Parvis ne draine,
spécifiquement, qu’un public réduit. Une cohérence serait sans doute
à construire autour de ces diverses entités, en intégrant les
associations de peintres ou plasticiens amateurs comme Les Amis des
Arts, les Peintres cheminots ou encore les sculpteurs et les potiers
des Mains d’argile.
Par ailleurs, le jumelage de Tarbes avec Altenkirchen et Huesca se
résume à des invitations réciproques ponctuées de discours et de
dîners de gala lors des fêtes de chaque ville. Manifestations sans
doute utiles, mais de peu de signification pour la population. Si un
équilibre institutionnel s’impose dans les relations avec
Altenkirchen et Huesca, la proximité de cette dernière et
l’imprégnation de la culture hispanique dans notre département
constituent des atouts inexploités d’un point de vue éducatif et
culturel. Ces possibilités doivent être largement utilisées par des
manifestations croisées.
Bien entendu, ces cohérences supposent aussi que « le culturel » et
« l’éducatif » soient associés.
Inventer de nouvelles formes d’expression
culturelle
Attachés à la diversité culturelle, sans perdre de vue la
nécessité de construire des cohérences, nous voulons créer les
conditions qui permettent la concrétisation de ces deux objectifs,
sans que la diversité contredise la cohérence.
Un premier axe serait la création d’un Carrefour d’expression de la
diversité culturelle. La rencontre entre les diverses formes du
spectacle vivant, les musiques, les arts plastiques, la littérature,
la poésie … constituerait ce carrefour, autour d’une thématique
forte, dont les modalités sont à construire.
La définition des lieux d’expression participerait à la construction
du concept lui-même de Carrefour. Ce dernier, moment privilégié de
la vie de la cité, pourrait se dérouler en plusieurs lieux qui
feraient participer les quartiers. Il inclurait la rue – la rue,
emblématique de l’espace public – comme lieu de culture partagée.
Cette notion d’espace public, comme lieu de culture partagée,
constituerait un second axe et pourrait recevoir, entre autres, un
festival de théâtre de rue. Ce festival, relié au Carrefour
d’expression de la diversité culturelle, concernerait l’ensemble de
la ville, c’est-à-dire, l’ensemble des quartiers.
…/…
Cette notion de culture partagée en particulier dans les quartiers,
pourrait apparaître comme le simple énoncé d’une banalité de bon
aloi. Elle répond en fait à la volonté de tisser des liens de
proximité, dans l’intergénérationnel : faire la fête tous ensemble
par la culture, en des lieux donnés et à des moments donnés, permet
de surmonter des clivages dans le vivre-ensemble. Dès lors, la fête,
au lieu de constituer, par des attitudes segmentées de ceux qui
demeurent dans l’entre soi, un facteur de nuisance avec par exemple
le bruit à des heures indues subi par ceux qui n’y participent pas,
la fête donc, autour de la culture, devient événement fédérateur.
Bien entendu, des événements de ce type ne se décrètent pas mais se
construisent collectivement.
Par ailleurs, dans l’hypothèse où la candidature de Toulouse serait
retenue pour 2013, « Toulouse, capitale européenne de la culture »,
autour de la thématique des chemins, nous participerions à cette
dynamique.
Organiser une concertation avec les acteurs
culturels au niveau de l’agglomération
Tarbes dispose de lieux comme le Théâtre des Nouveautés, le
Pari, le Carmel dont l’utilisation ne pourra être repensée qu’en
concertation avec les acteurs culturels.
Dès à présent, la nécessité d’organiser des états généraux de la
culture au niveau de l’agglomération s’impose. Ils permettront de
définir les attentes et, à partir d’un diagnostic partagé, d’évaluer
les besoins et de bâtir les cohérences nécessaires.
La concertation sera ensuite assurée dans le cadre d’une commission
culturelle dont la composition sera définie lors des états généraux
mais qui, quoi qu’il en soit, devra associer élus et acteurs
culturels. Elle pourra faire des recommandations et sera la garante
de la transparence de la gestion municipale.
Un directeur ou une directrice des affaires culturelles (ou à
l’action culturelle) sera recruté(e) selon ses compétences : mise en
cohérence de la politique culturelle, suivi des dossiers,
utilisation des structures, organisation de partenariats
(agglomération, département, région et Europe), rôle de passeur….
Dès à présent, des associations, des acteurs culturels nous ont déjà
fait des propositions (organisation de colloques, sauvetage du
patrimoine, actions de formation, actions nouvelles…). Nous
entendons y répondre.
La culture est pour nous un engagement fort.
Mais nous sommes conscients des difficultés que nous impose la
politique menée par cette majorité de droite du président Sarkozy.
Jamais à ce point, sauf aux périodes particulièrement sombres de
notre histoire, la culture n’a été ainsi malmenée, méprisée. L’Etat
se désengage, ne laissant aux ministères de la Culture, de la
Jeunesse et des Sports et à la politique de la Ville que des moyens
de plus en plus dérisoires. Et nous savons que les Tarbaises et les
Tarbais souffrent de la réduction de leur pouvoir d’achat avec la
série de mesures adoptées par le gouvernement, des franchises
médicales au blocage du SMIC et des petites retraites. Aussi, nous
ne voulons pas aggraver l’effort fiscal qui leur est déjà demandé.
Ces difficultés, nous en avons une claire conscience et, si nous
sommes élus, nous ferons un audit sur les finances municipales.
Mais, par les choix que nous ferons dans la concertation, nous n’en
voulons pas moins promouvoir une politique culturelle ambitieuse
car, indépendamment de l’attente des individus, la culture est aussi
un atout de développement local. C’est un moyen, autour d’un projet
muséographique et d’animations tout à la fois festives et
culturelles, de faire de Tarbes une destination touristique.
Espérant avoir répondu le plus clairement
possible à votre question, je vous prie de croire, Monsieur le
Président, en l’expression de mes salutations les meilleures.
Jean GLAVANY
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