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Femmes de boue, femmes debout

Théâtre de la Bulle / Théâtre du Matin

Tarbes - Le Pari

Femmes debout, face à la guerre

Femmes debout au Pari
Femmes debout au Pari

Le Pari propose à partir de vendredi et pour six représentations « Femmes de boue, femmes debout », une création qui met en scène le regard de femmes sur la guerre. On pense aussitôt à ce regard de femmes-victimes au Kosovo, au Rwanda ou ailleurs, au fil des conflits. Il est plus difficile d’imaginer le regard qu’elles portent sur ce qui les entoure. C’est ce que les femmes du Théâtre du Matin et le Théâtre de la Bulle nous proposent avec les deux pièces écrites par des hommes, auteurs contemporains.
La première pièce est « Du sexe de la femme comme champ de bataille » de Matéi Visniec. Tout un programme ! Le destin croisée de deux femmes transformées par la guerre en Bosnie. Dora, marquée dans son corps par le viol, cette méthode guerrière, mélange de violence et domination sexuelle qui laisse une femme détruite et un enfant dont le sang est témoin de l’affrontement ethnique. Elle voit pousser cet enfant, qu’elle considère comme un étranger, un cancer qui la ronge de l’intérieur. Face à elle, il y a Kate, une américaine venue en Europe pour assurer le soutien psychologique de ceux qui identifient les corps dans les charniers de Srebrenica. Mais comme personne ne soutient le psychologue, celle-ci a craqué et a demandé à prendre un peu de distance avec cette réalité monstrueuse. Deux trajectoires qui se rencontrent – se percutent en un sens - dans une clinique de l’OTAN. Le texte, inégal, est par moment très intense : il nous renvoie une image brutale de cette situation dramatique en donnant corps à une douleur qui n’est pas très médiatique. L’interprétation par Nathalie Lhoste-Clos d’une Dora ravagée par ce quelle subit met mal à l’aise le spectateur, peut être encore plus la spectatrice. On vous avait prévenu, ce n’est pas un vaudeville !
Après cette première pièce et un petit entracte qui pourra vous réconforter, c’est le « Stabat mater furiosa » de Jean-Pierre Siméoni qui vous attend. Ce n’est pas la douleur de la Vierge face à son fils crucifié, mais la fureur d’une femme face à la guerre. Cet auteur contemporain a imaginé la  « parole d’une femme, libérée autant qu’il se peut du dolorisme que lui assignent des conventions millénaires, paroles dressées en invective brutale et sans rémission face à la merde du meurtre perpétuel ». Le texte apporte un regard intemporel et intérieur sur la pièce précédente. Très symboliquement, le décor de cette pièce est la face cachée du décor de la première partie de la soirée. « On peut imaginer que c’est l’enfant né du ventre de Dora qui parle » propose Mercedes Tormo qui a mis en scène les deux pièces. Françoise Delile-Manière se lance de sa voix grave, avec une grande intensité, dans ce long monologue, qu’une mise en scène assez seventies tente de rythmer. L’exercice de mise en scène est difficile, vous avez jusqu’au 21 octobre pour vous faire votre opinion..

/ Bigorre.org