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Jeudi 22 juillet 2010

Jonathan Capdevielle

Avignon

Rencontre avec Jonathan Capdevielle

18/01/11 : Jonathan Capdevielle dit Adishatz à Tarbes   , photo de Stéphane Boularand (c)Bigorre.org
18/01/11 : Jonathan Capdevielle dit Adishatz à Tarbes , photo de Stéphane Boularand (c)Bigorre.org

Quelques années après être passé par la section théâtre du Lycée Marie Curie, Jonathan Capdevielle est présent dans la sélection officielle du festival d’Avignon avec « This is how you will disappear » de Gisèle Vienne. Ce sera aussi pour lui l’occasion de présenter au public avignonnais « Adishatz », une première création qui le ramène près de ses racines tarbaises.

Comment imaginiez-vous l’avenir quand vous étiez élève dans la section théâtre du Lycée Marie Curie ?
J’avais imaginé évidemment devenir comédien dans une troupe de théâtre. Et en fait l’avenir en a décidé autrement puisque j’ai intégré l’école de la marionnette immédiatement après avoir quitté Tarbes. J’ai été plongé dans l’univers artistique juste après le lycée, pendant trois ans j’ai étudié l’art de la marionnette, le théâtre et le chant. Il n’y a jamais eu de rupture avec l’envie d’être artiste, au contraire j’ai eu la chance que ça continue depuis 2000. J’ai quitté le Mac Donald de Tarbes pour partir dans une grande aventure avec Gisèle Vienne, une aventure qui a un rayonnement international qui continue encore aujourd’hui. Ca m’a permis ensuite de travailler sur mes propres projets, dont le premier en hommage aux Pyrénées, à cette région, à cette famille qui habite à Tarbes.

Vous présentez à Avignon, ce premier spectacle qui est très personnel. Est-ce un besoin de déjà revenir à vos racines ?
C’était le besoin d’explorer des choses beaucoup plus personnelles. Il y a eu plusieurs étapes de travail. Ca a commencé par un tour de chant. Et puis je me suis rendu compte que l’adolescent tarbais qui était en moi est revenu à la surface. Le travail sur les chansons de Madonna m’a rappelé cette période très particulière, quand j’étais à Tarbes, que j’écoutais beaucoup ces chansons. J’étais obsédé par l’idée de pop star. Ado, j’avais cette idée d’être chanteur pop. J’aime cette culture-là. Ce n’est pas ce qui s’est passé. Je reviens sur ce fantasme que j’ai pu avoir et le travailler de manière différente, cette tentative d’approcher, de copier, d’imiter l’icône. Il y a aussi quelques dérapages, ça ne reste pas quelque chose de complaisant. La difficulté est de traiter un sujet aussi personnel. De quelle façon on le met en scène pour que ça puisse être ressenti par le public de la manière la plus artistique.
*« Adishatz », c’est quoi pour vous ?
Adishatz, c’est lié vraiment à la culture bigourdane, au rugby. Ca évoque tout ça, les troisièmes mi-temps, la famille et la tradition pyrénéenne, le patois. Les chants évidemment. J’ai vécu à Tarbes jusqu’à 24 ans. Je ne l’ai pas quittée jeune cette ville, du coup c’est assez proche. Tarbes a été pour moi un laboratoire expérimental. J’étais plongé dedans, je l’ai observé aussi. Le recul d’avoir quitté la ville m’a permis d’organiser ce matériel, de le rendre plus mature et d’en faire Adishatz.
Vous jouez ce spectacle demain soir devant le public d’Avignon, en janvier ce sera à Tarbes. Ca change quelque chose ?
Complètement. Je parle d’endroits, d’atmosphères, de conversations qui sont directement liés à Tarbes, à ce qui s’y passe, à ce qui s’y est passé. Je pense que les gens vont tout de suite avoir un écho direct, je pense que l’impact sera assez fort. Mais j’ai joué ce spectacle à Brest, et même si les références tarbaises étaient certainement inconnues de tous, le public a quand même été très touché car ça rappelle d’autres régions, d’autres endroits. Le vécu de chacun est sollicité, la nostalgie de l’adolescence, le fait de vivre, de naitre et de rester un temps dans une ville de province et de se construire avec ça.

Propos recueillis par

Stéphane Boularand Bigorre.org sur Twitter@bigorre_org