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Ballet du Rhin

Ibos - Le Parvis

Le ballet du Rhin rend hommage à Béjart

30/11/11 : Le Ballet du Rhin rend hommage à Béjart   , photo de Stéphane Boularand (c)Bigorre.org
30/11/11 : Le Ballet du Rhin rend hommage à Béjart , photo de Stéphane Boularand (c)Bigorre.org

De Maurice Béjart, on connait bien les grandes pièces, son « sacre du printemps », son « Boléro » ou sa « messe pour le temps présent ». De grandes chorégraphies qui ont marqué la danse contemporaine et le grand public. Mais c’est un autre Béjart que Bertrand d’At, le directeur du Ballet de l’Opéra National du Rhin a préféré nous montrer. En choisissant 3 pièces moins connues, il nous propose une étonnante plongée dans l’univers du grand chorégraphe. Une plongée qui commence par « Le marteau sans tête » sur la musique de Pierre Boulez inspirée d’un poème éponyme de René Char. L’interprétation par quatorze danseurs du Ballet du Rhin est impeccable, avec tout ce que cette chorégraphie comporte de technique de haut niveau. Mais est-ce que la pièce créée en 1973 a vieillie ? Est-ce que l’esprit du maitre manque à l’appel ? Force est de constater que sur le plateau du Parvis, la magie n’opère plus et le poème surréaliste chorégraphié ne nous communique plus rien.
On en est encore la quand on se fait cueillir par surprise par la « Sonate à trois » sur la musique de Béla Bartók. Un trio aux apparences extrêmes simples, qui nous saisit en quelques pas. Les deux danseuses et le danseur font preuve la aussi d’une superbe technique, mais c’est au-delà de la maitrise corporelle, surtout par l’émotion qu’ils dégagent qu’ils emportent le public tarbais avec cette adaptation du « Huis clos » de Jean-Paul Sartre.
Un enthousiasme sans doute nécessaire pour s’amuser de l’iconoclaste « Variation pour une porte et un soupir ». Sept danseurs qui tirent leur rôle au sort au début d’une pièce ou il n’y a pas de chorégraphes, il n’y a que des danseurs selon Béjart. Même la musique se défile en laissant l’espace aux couinements de porte et autres grincement de Pierre Henry. Une pièce qui joue avec les règles établies pour les détourner et les contourner. Une démarche qui avait du sens quelques années avant mai 68, qui en a moins près d’un demi-siècle plus tard. Une distance qui change le regard que nous pouvions avoir sur les chorégraphies de Maurice Béjart. C’est probablement bien l’intérêt de ce « Béjart ! » proposé par le Ballet du Rhin.

/ Bigorre.org