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/ Le Parvis (Ibos)

Tiago Rodrigues

Tiago Rodrigues au Parvis pour deux spectacles

Tiago Rodrigues

Tiago Rodrigues

Alors que Le Parvis entame une quinzaine ibérique avec le flamenco d’Israel Galvān, le flamenco plus expérimental de Niňo De Elche, la soirée musicale à Grenade de Wilhem Latchoumia, c’est avec du théâtre que le temps fort commence. Celui de Tiago Rodrigues, acteur, auteur, metteur en scène du Théâtre National de Lisbonne pour deux pi-ces By Heart et Sopro qu’il a crée au dernier festival d’Avignon. Nous lui avons posé quelques questions pour en savoir plus sur ce qu’il nous propose.

Vous présentez ce soir By Heart qui nous invite dans l’intimité de la relation avec votre grand-mère. Est-ce ça porte des valeurs qui concernent aussi le public ?

J’espère ! Avec By Heart, ce n’est pas nécessairement l’histoire de ma grand-mère qui j’essaye de proposer comme valeur au public. C’est le lien entre une histoire très personnelle et la grande littérature. Voir dans nos petites histoires personnelles des liens inattendus et quelquefois invisible avec les grandes narrations de notre temps et du passé. By Heart, c’est cette littérature qu’on peut garder en nous, qui peut nous nourrir et qu’on peut transmettre. Ca renvoie à mon envie de faire du théâtre, l’envie de mettre en contact des gens avec des mots.

Avec Sopro que vous avez monté à Avignon l’été dernier, vous mettez en scène un personnage qui ne monte jamais sur scène. C’est pour vous un moyen d’avoir plus de liberté ?

Pas nécessairement. J’aime bien le rapport en le comédien et le monde non-professionnel. Dans Sopro, c’est poser le défi à Cristina de monter sur scène pour la première fois de sa vie, d’éclairer quelqu’un qui est normalement dans l’ombre et monter que ce qui se passe dans l’ombre est aussi lumineux que ce qui se passe sous les lumières. Et de raconter une histoire de théâtre et de l’amour des mots et de le rendre visible.

Est-ce que Cristina ne devient pas une comédienne au fil des représentations ?

Non parce qu’elle fait son boulot. Si on demande à un maçon d’être sur scène et de jouer comme un comédien il va changer. Mais il on lui demande de monter un mur sur scène, il reste un maçon qu’on regarde faire leur boulot. Cristina sait très bien ce que c’est d’être vue car ça fait 4 ans qu’elle travaille dans un théâtre, mais elle est toujours souffleuse. C’est une condition très claire qu’elle m’a posé quand je lui ai proposé de faire le spectacle il y a plus d’un an dans un café de Lisbonne. Elle m’a dit oui, mais je souffle, je fais mon boulot. Et on a le privilège de voir ce qu’on ne voit normalement pas, de voir comment ça se passe quand elle est là à souffler le texte.

Au travers de ces deux pièces vous nous parlez aussi de mémoire. Est-ce un thème important pour vous ?

Extrêmement important, c’est au centre de mon travail, de mes préoccupations personnelles et politiques. Je pense que la préservation de la mémoire, c’est la préservation de valeurs, d’idées, de convictions, de droits. Mais la mémoire n’est pas une archives rigoureuse comme une bibliothèque ou Google. La mémoire transforme l’expérience vécue et c’est précisément ça qui m’intéresse. C’est qui touche vraiment c’est plus la mémoire d’avoir lu un livre que le livre lui-même. Mon amour du théâtre, c’est la mémoire de grands textes que j’ai appris par cœur. Je ne monte pas Racine, mais ma mémoire de Bérénice. Cette mémoire est le présent.

Propos recueillis par

Par / ©Bigorre.org / article vu 493 fois

By Heart, lundi, mercredi et jeudi. Sopro, mardi. Spectacles à 20h30 au Parvis. Informations et réservations au 05 62 90 08 55 et sur www.parvis.net