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Politique culturelle : Election Municipales

01/02/14 : Marie-Pierre Vieu et Dominique Montanat   , photo de SB
01/02/14 : Marie-Pierre Vieu et Dominique Montanat , photo de SB

Nous avons interrogé Marie-Pierre Vieu () qui candidate aux Election Municipales sur son projet de politique culturelle.

Questions aux candidats aux Election Municipales

Nous avons contacté les candidats à l'élection présidentielle pour les interroger sur 2 axes.

Le regard sur de la politique culturelle conduite par Gérard Trémège, maire sortant :

  • Les aides aux associations culturelles amateur et professionnelles Le travail de l’office de tourisme pour animer la ville
  • L’action envers les plus jeunes, dans le cadre scolaire en particulier.
  • La part du budget municipal consacré à la culture et son utilisation.
  • Le rayonnement culturel tarbais. Le développement de structures comme La Gespe, le Pari, les Théâtre des Nouveautés mais aussi les festivals et les musées tarbais.

Le projet de politique culturelle : Le projet culturel

  • Voudriez-vous conduire un projet dans la continuité de la majorité sortante ou en rupture avec l’action passée ?
  • Quels développements pour les salles de Tarbes en Scène ?
  • Quelle relation avec les autres acteurs culturels locaux, comme Le Parvis ou Le Chaudron ?
  • Quelles évolutions ou même révolutions tant au niveau artistique qu’économique voudriez-vous impulser ?
  • Faut-il et doit-on dépenser plus dans ce domaine ? 

Réponse de Marie-Pierre Vieu ()

Samedi 1er février 2014

Marie-Pierre Vieu a répondu à nos questions avec son colistier Dominique Montanat particulièrement investi dans le domaine culturel
Quel est votre regard sur le bilan de la politique culturelle conduite par Gérard Trémège et la majorité municipale sortante ?
C'est par notre projet que vous verrez les réponses aux manques de la politique culturelle menée par la majorité actuelle. Une des première choses, c'est le manque de coordination de la politique culturelle. Par exemple pour les salles de spectacle qui sont de la responsabilité de la municipalité, elle fonctionnent bien mais en ça peut être très largement amélioré, en terme de cohérence de l'action municipale, en terme d'accès de tous les publics à la culture y compris l'enfance et les empêchés. Actuellement tous les directeurs ou les directrices d'école vous diront qu'ils n'ont plus les moyens de payer le bus et l'entrée. Et le constat n'est pas meilleurs dans la collaboration avec les autres salles, comme Le Parvis. C'est bien d'avoir une scène nationale sur le territoire qui devrait briller mais aussi favoriser la création locale, mais ça n'est pas le cas.
On a culture qui est bâtie sans réflexion globale, sans complémentarité entre les salles et entre les acteurs. cette culture est bâtie sur de l'événementiel rentable avec des recettes qui équilibrent les dépenses pour que ça ne coute rien. Ca n'est pas notre vision du rôle de la culture dans la ville.
On constate aussi qui la culture à disparu du centre-ville. Il y a le Pari, mais il n'y a plus de cinéma, de grande librairie. L'offre culturelle s'est construite à la périphérie, en particulier autour du Parvis. Il faudrait passer de la concurrence à la complémentarité entre ces offres. On a une ville extrêmement clivée avec beaucoup des quartiers et de populations qui sont laissés à l'abandon alors que la culture permettrait de ré irriguer ces territoires et le lien social tarbais.
Ce n'est parce qu'on est en crise qu'on doit économiser sur la culture. la question de l'accès à la connaissance et à l'émancipation passe parce la. On n'est pas sur une politique d'assistanat mais plutôt sur la socialisation des rapports humains. C'est en ce sens qu'on réfléchit à une autre politique de la culture pour Tarbes.
Quel est votre projet en matière de politique culturelle ?
L'un des points forts est la création d'un EPCC, un Établissement Public de Coopération Culturelle, pour permettre de palier aux dysfonctionnements actuel. le réseau Tarbes en scène avec le pari, le théâtre des Nouveautés et La Gespe ferait parti de cet établissement. Mais cet établissement aurait vocation a accueillir d'autres acteurs comme la région, l'état, voire des salles qui acceptent la gestion publique. Ca devient un établissement public avec des budgets qui doivent être pérennisés et une sécurisation des parcours pour les personnels. Ca provoque une remise à plat de la relation avec le Parvis et de la convention qui lui a donné la gestion du Théâtre des Nouveautés.
Un autre projet serait une salle pluriculturelle qui pourrait voir le jour sur la friche industrielle de l'Arsenal pour créer un point de rencontre pour les différents acteurs culturels, du théâtre à la musique via les arts plastiques avec les grands oubliés actuels comme le cinéma, la vidéo, le cirque. Un lieu soutenu par la municipalité qui permettrait à tous ces acteurs de se rencontrer, d'échanger sur les problèmes et les solutions, de créer et d'innover ensemble. On est ouvert à toutes les idées amenées par ces acteurs.
On voudrait aussi créer un cinéma d'art de d'essai en centre-ville. En plus de redynamiser cette zone, on aurait enfin un lieu de diffusion d'une culture populaire.
Un autre projet est la création d'une commission qui réunisse les acteurs culturels et ceux de l'enseignement pour favoriser l'accès des jeunes à la culture, sans barrières sociales ou financières avec des intervenants issus des structures soutenues par la ville.

(Voici un extrait du Manifeste Tarbes-Citoyenne remis par la candidat qui développe son projet dans le domaine culturel)
chapitre 8 : la culture, l’éducation populaire et le sport pour tous
Ce n’est un secret pour personne : en période de crise, la culture est un secteur particulièrement fragilisé. Pourtant, sa faculté à transmettre la mémoire, à créer du lien social, à inventer de nouveaux trajets et enjeux, lui confère une place majeure au coeur de nos cités. Au-delà de la seule consommation artistique, la création et l’accès à cette création doivent constituer une priorité.
Pour Tarbes Citoyenne, une municipalité doit soutenir les initiatives de diffusion, mais surtout de pratiques culturelles. L’oeuvre artistique est un bien commun, qui doit avoir sa place au plus près des populations, en particulier là où se trouvent les publics «empêchés», confrontés à des difficultés sociales. Les politiques locales en faveur de cette démocratisation de la culture, doivent se réapproprier les quartiers, mais aussi l’école, que la casse engendrée par les différentes réformes a éloignée de l’action culturelle en cantonnant enseignants et élèves à la seule consommation de spectacles.
Concrètement, il est urgent de créer un véritable service public municipal de la culture
La ville de Tarbes est particulièrement dotée en terme d’équipements culturels ; cependant, ceux-ci ne sont pas suffisamment coordonnés dans le cadre d’une politique culturelle clairement identifiée. D’autre part, ces installations ne sont quasiment pas accessibles aux initiatives locales : en effet, malgré une vie associative relativement riche, les responsables d’associations peinent à trouver des lieux d’expression de leur travail.
C’est pourquoi, il nous paraît pertinent, à ce stade, de porter un effort particulier sur la coordination de la politique culturelle à l’échelle de Tarbes et du Grand Tarbes. En matière de gestion des salles, il faut réfléchir à l’opportunité que peut offrir la création d’un Établissement Public de Coopération Culturelle (ÉPCC). En effet, un tel organisme
peut à la fois harmoniser l’interactivité des salles entre elles et, fait nouveau dans notre cité, affilier les personnels municipaux concernés à une convention collective relevant du spectacle vivant et non, comme aujourd’hui, d’un statut de collectivité territoriale ; cette affiliation réglerait les problèmes posés par la spécificité de ces métiers, absente dans la convention collective des employés territoriaux. Elle garantirait dès lors une rémunération et un avancement de carrière au plus près de leurs qualifications, des temps de travail qui leur sont propres et de leur ancienneté dans ces métiers, qu’ils soient permanents ou intermittents. Une telle initiative générerait bien évidemment un surcoût apparent pour la collectivité, mais il ne faut néanmoins pas oublier que l’ÉPCC, par son montage propre, inclut en son sein différents partenaires comme l’État, la Région, et d’éventuelles autres collectivités locales.
De même, Tarbes Citoyenne est favorable à une renégociation du partenariat avec le Parvis-Théâtre des Nouveautés. Si nous sommes particulièrement attachés à l’existence d’une scène nationale dans l’agglomération tarbaise, il nous paraît essentiel qu’elle soit un facteur de dynamique pour l’ensemble du mouvement et des acteurs culturels du département.
Dans ce domaine encore plus que dans les autres, la coopération doit l’emporter sur la tentation hégémonique.
Nous sommes favorables à assortir la subvention, importante (163 000 euros), d’un certain nombre d’exigences garantes d’un mieux culturel pour tous : accès des troupes locales à cette scène appartenant au bien commun, dialogue concerté avec les personnels de la structure et les acteurs culturels...
D’autres dispositifs sont à envisager, tels que :
la gratuité des bus scolaires pour que les élèves puissent se rendre aux spectacles jeune public ;
la mise à disposition des intervenants des structures subventionnées auprès des enseignants, afin de développer des ateliers de pratiques et de création ;
l’établissement et le respect d’une clause de tarifs sociaux pour les associations et structures soutenues par la ville : actuellement, c’est la triple peine qui est pratiquée, puisque la scène nationale, financée par la ville (convention Théâtre des Nouveautés et Grand Tarbes), propose des tarifs de l’ordre d’une salle à caractère privé, alors qu’elle absorbe la plus grande partie des aides publiques ;
la coordination des programmations des différents lieux, afin de promouvoir des rencontres entre les publics et les artistes ;
l’élaboration d’un vrai projet culturel au coeur d’une friche industrielle comme dans le quartier de l’Arsenal, en adéquation avec la mémoire historique de ce lieu, pour établir un trait d’union citoyen entre l’histoire sociale et les nouveaux enjeux de création.
Éducation populaire et laïcité
L’enfant a droit à une éducation laïque, c’est-à-dire à l’apprentissage d’une culture et d’un savoir qui le conduisent à l’autonomie, à l’émancipation, à l’exercice de la raison critique et au respect d’autrui. La laïcité apprend à dépasser les identités particulières, quelles qu’elles soient. Dans le dispositif éducatif, les activités développées par les mouvements d’éducation populaire sont tout aussi importants, pour l’enrichissement de l’enfant, que le temps passé à l’école.
Si nous sommes majoritaires, nous lancerons une vaste concertation avec tous les acteurs concernés pour la mise en place d’un vrai contrat éducatif local articulé sur les services publics locaux, définissant des objectifs communs de réduction des inégalités et de mobilisation de l’ensemble des ressources locales. Les associations éducatives complémentaires de l’enseignement public en seront la colonne vertébrale. L’égalité des droits passe par l’égalité de traitement. L’éducation périscolaire doit permettre de partager des principes et valeurs communs, pour agir ensemble vers un avenir meilleur.
En développant l’ « agir ensemble », on crée les conditions pour dépasser les limites des comportements individualistes ou égotistes ; on dépasse les rapports de force et les conflits, et on agit dans le sens de la prévention et d’un mieux-vivre en société.
La laïcité n’est pas une option spirituelle particulière comme certains aimeraient le faire croire : elle est la condition de la démocratie et de l’éducation. L’apprentissage et le respect des valeurs et des principes universels sont gages d’intégration, et excluent toute discrimination. La laïcité contribue tout aussi bien à l’enrichissement personnel qu’à l’instauration de la cohésion sociale, dont nous avons tant besoin dans un monde qui a développé jusqu’à l’hypertrophie la concurrence et la compétition à outrance, synonymes d’écrasement de l’autre. Un contrat éducatif local visera à restaurer, dès le plus jeune âge, le « vivre ensemble », la coopération.
L’éducation populaire, fabrique de lien social
La crise financière, économique, sociale, politique et environnementale à laquelle nous sommes confrontés, entraîne une prise de conscience, et une urgence à penser et agir
autrement. Face à ces bouleversements et à l’émergence de nouvelles organisations de nos vies, basées sur l’individualisme, il est urgent de s’appuyer sur nos forces individuelles et collectives, afin d’inverser cette tendance contre nature que nous impose le libéralisme. Cela va évidemment à l’encontre de l’idéologie dominante, qui préfère diviser pour mieux imposer un choix de société, et soumettre l’humanité à son diktat. Opposer un autre choix est immédiatement taxé de passéiste, d’utopiste, d’irresponsable, donc d’irréalisable.
Pourtant, notre République s’est construite et développée sur des concepts et des courants de pensée idéologiques et utopiques. Elle doit mettre à notre disposition les moyens de mieux vivre ensemble et de bâtir une société différente. Pourquoi ? Parce qu’il est structurellement impossible à l’homme de vivre isolé et replié sur lui-même tout en étant immergé dans une vie sociale. Si d’aucuns s’acharnent à rompre tout lien avec nos concitoyens et son environnement, la relation à l’autre existe toujours, et adopte aujourd’hui des formes nouvelles (multiplication des moyens de communication, internet, réseaux sociaux).
Notre République donne, et de façon très officielle, des outils pour permettre, ensemble, de créer un monde différent, puisqu’il existe un Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Éducation populaire créé en 1936. Pour Condorcet, il n’y a pas de démocratie du pouvoir sans démocratie du savoir, outil indispensable à la promotion et au développement d’un système toujours plus juste et égalitaire.
Tarbes, administrée par L’UMP, n’est pas coupée du reste du monde : nos concitoyens subissent les mêmes effets désastreux d’une politique libérale. Pour Christian Maurel, l’éducation populaire est «l’ensemble des pratiques éducatives et culturelles qui oeuvrent à la transformation sociale et politique, travaillent à l’émancipation des individus et du peuple et augmentent leur puissance démocratique d’agir». C’est cette conception qui guide notre engagement local, et nous nous engageons à la mettre en oeuvre dans notre cité, et de manière transversale.
Pour cela, il faut rendre confiance aux acteurs de terrain, aux associations, créer de véritables comités de quartiers qui soient entendus, respectés et soutenus. Il faut libérer les énergies, les faire émerger. Les professionnels qui s’occupent des populations, quelles qu’elles soient, ne doivent plus travailler dans la précarité, surtout s’ils sont employés territoriaux. L’espace public doit être réinvesti par le tissu associatif, les acteurs culturels. C’est une orientation politique et une vision de la ville radicalement opposée aux pratiques en cours que nous nous proposons.
Cette pensée, de fait, fixe un cadre : c’est le nôtre, il a le mérite de s’affirmer avec force et cohérence. À chacun d’y trouver sa place, à nous de le faire vivre. Il sera, surtout, une protection contre le clientélisme, et posera les bases claires et précises pour renouer du lien entre les populations et les territoires, pour donner du sens à nos actions. Pour cela, nous devrons compter sur l’ensemble des compétences des services de l’État, de la Communauté d’agglomération et de la ville de Tarbes, mais aussi et surtout sur l’énorme potentiel des Tarbais-e-s à s’investir, et sur une confiance inébranlable en notre projet de société : l’humain d’abord.
Le sport pour tous
Le maire de Tarbes s’est ému, lors du Conseil Municipal du mois de décembre 2012, des logiques marchandes dans lesquelles tombait le sport, renvoyant le problème aux sportifs eux-mêmes et appelant pour le pallier à un civisme restauré.
Peut-être serait-il pertinent de prendre la question autrement. Nous proposons par exemple de nous fixer pour objectif d’inscrire une pratique sportive régulière dans la vie des Tarbais et, de fait, de renforcer le service public du sport, seule garantie de l’accès à la pratique sportive de son choix dans la proximité de son lieu d’habitation et de travail.
La vie sportive est un pilier essentiel de l’organisation du sport, et constitue un espace important de la formation citoyenne. Elle doit être préservée des dérives commerciales, et soutenue par des objectifs éducatifs et démocratiques et par une valorisation du bénévolat.
Tarbes Citoyenne s’engage à faire vivre les piliers fondamentaux du modèle sportif français que sont l’Éducation Physique et Sportive à l’école, le sport associatif et le sport scolaire, et à les renforcer dans un élargissement de l’offre des pratiques. Nous travaillerons à la démocratisation et à la maîtrise collective des structures d’organisation et de gestion du sport (clubs, comités olympiques et sportifs, services publics, entreprises). Nous favoriserons l’émergence de projets sportifs de quartiers, dans le cadre de la déconcentration de l’action sportive et avec l’augmentation du nombre d’animateurs de la ville. Dans la même logique, nous développerons les dispositifs permettant de réduire les inégalités d’accès au sport, par exemple pour faciliter celle des femmes, des seniors, ou pour aider les personnes en situation de handicap.
Nous augmenterons les aides au sport de proximité et rendrons prioritaires les équipements de proximité. Il faut par exemple doter davantage la ville en terrain de jeux synthétiques, développer le temps d’ouverture des installations sportives des établissements scolaires aux associations après le temps d’école, ouvrir les espaces sportifs sur leur environnement, aménager les espaces publics pour offrir une mixité des publics et des pratiques, valoriser ou créer des espaces sportifs dans les parcs, les jardins de la ville, créer des parcours de «running» balisés.
Nous voulons augmenter les équipements à dimension communautaire. Les centres nautiques de Tarbes et Séméac relèvent déjà du Grand Tarbes. Le projet a été validé de la construction d’un nouveau gymnase sur le site de l’Arsenal.
Des efforts conséquents ont aussi été réalisés pour structurer et développer certaines disciplines comme l’escrime, la pelote basque et bien sûr le basket, le football et le rugby. Afin d’être à la hauteur de toutes les attentes qui s’expriment dans le milieu sportif, nous proposons d’organiser, à l’échelle du Grand Tarbes, une consultation des acteurs du sport, afin de porter un projet partagé par notre agglomération et ses habitants. Cette consultation pourrait aboutir à une instance permanente de consultation.
Est-ce ce projet passe par une augmentation du budget alloué à la culture ?
On a du mal à connaitre le budget global actuel, avec un système complexe et un maire qui fait de la rétention d'information, notamment au niveau de la liste des subventions. On va déjà regarder comment c'est réparti, comment c'est utilisé. On sait déjà qu'il y a dix poids, dis mesures ! De plus avec l'EPCC qui va réunir d'autres financeurs comme l'état et le Grand Tarbes qui devront prendre leur part, les moyens attribués à la culture vont augmenter. Après si on se rend compte que le budget est insuffisant, on l'augmentera car c'est un axe important de notre politique.