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Politique culturelle : Election Municipales

Michèle Pham-Baranne
Michèle Pham-Baranne

Nous avons interrogé Michèle Pham-Baranne () qui candidate aux Election Municipales sur son projet de politique culturelle.

Questions aux candidats aux Election Municipales

Nous avons contacté les candidats à l'élection présidentielle pour les interroger sur 2 axes.

Le regard sur de la politique culturelle conduite par Gérard Trémège, maire sortant :

  • Les aides aux associations culturelles amateur et professionnelles Le travail de l’office de tourisme pour animer la ville
  • L’action envers les plus jeunes, dans le cadre scolaire en particulier.
  • La part du budget municipal consacré à la culture et son utilisation.
  • Le rayonnement culturel tarbais. Le développement de structures comme La Gespe, le Pari, les Théâtre des Nouveautés mais aussi les festivals et les musées tarbais.

Le projet de politique culturelle : Le projet culturel

  • Voudriez-vous conduire un projet dans la continuité de la majorité sortante ou en rupture avec l’action passée ?
  • Quels développements pour les salles de Tarbes en Scène ?
  • Quelle relation avec les autres acteurs culturels locaux, comme Le Parvis ou Le Chaudron ?
  • Quelles évolutions ou même révolutions tant au niveau artistique qu’économique voudriez-vous impulser ?
  • Faut-il et doit-on dépenser plus dans ce domaine ? 

Réponse de Michèle Pham-Baranne ()

Jeudi 1er janvier 1970

mail du 17 mars 2014
Monsieur le Président,
J’ai bien reçu votre courrier relatif à ma position et celle de la liste que je conduis «Ambitions nouvelles pour Tarbes» sur le dossier de politique culturelle municipale sur Tarbes, et je vous en remercie.
Notre objectif dans ce domaine est de favoriser l’accès à la Culture pour tous. Notre politique culturelle entend répondre à tous les publics, de tous les âges et sur tout notre territoire. La Culture est au cœur de nos priorités. Elle est vecteur de développement humain et social.
Nous avons tous les atouts pour donner à Tarbes le véritable rayonnement régional et national qu’elle mérite.
En espérant répondre a votre attente, et restant a votre disposition, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l'assurance de mes sentiments distingués et les plus dévoués.
Michèle PHAM-BARANNE
Quel regard avez-vous sur le bilan de la politique culturelle conduite par Gérard Trémège et la majorité municipale sortante ?
La culture ne représente en France en général et au sein du budget municipal de Tarbes en particulier qu’un poste de dépenses secondaire. Ce ne sont que 20 Mds € qui sont dépensés annuellement par l’Etat et les collectivités locales, pour un secteur qui rapporte près de 58 Mds €.
La culture est de plus, autant un secteur économique, porteurs d’emplois (l’économie de la culture représente 3% du PIB et près de 670 000 emplois), qu’un service public auquel les Français doivent avoir accès. Ils sont en attente d’une diversité de l’offre en équipements culturels et d’un programme événementiel riche et diversifié. L’exception culturelle française est une réalité dont les Français sont fiers. Je souhaite m’investir pour la défendre, bien plus activement que ne l’a fait la majorité sortante.
Gérard Trémège n’a su que peu se saisir de cet enjeu, et certains projets mis en avant actuellement ne sont en fait qu’une continuité des projets réalisés et soutenus par les élus de gauche, au premier rang desquels l’Equestria, Théatre des nouveautés, la Gespe… Par ailleurs, je n’adhère pas à certains choix de la majorité sortante.
Par exemple, l'offre de cinéma sur Tarbes se caractérise par un CGR exurbanisé, une salle de cinéma du Parvis éloignée du centre ville et non desservie le soir par le transport en commun, et donc la délocalisation du cinéma CGR à l’écart du centre-ville, alors que celui-ci fait face à un manque de dynamisme et à un recul d’activités. La promesse non tenue, d’un cinéma d’art et essai en centre ville sur 4 salles de l’ancien CGR. La fermeture de la librairie Chapitre est également un autre exemple des actions que nous regrettons. Là, nous ne pouvons que souligner le manque d’accompagnement et d’intervention de la municipalité pour préserver cette source de culture, au cœur de la Ville. La disparition du Moulin Gascors, d’une façade XVIIe : c’est l’abandon de la ZPPAUP, Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager (dont l’inventaire a coûté 20 000 euros !), le retard pris par la création du Musée des Hussards, la non-valorisation de la collection ethnographique ou de la collection des beaux arts… Ce sont autant d’éléments qui attestent du bilan culturel de M. Trémège que je qualifierai volontiers de médiocre.
Enfin, aucune action de la majorité sortante n’a permis de réduire les inégalités d’accès à la culture, et pourtant, la culture est bien un motif d’exclusion. En 2008, 23% des Français n’utilisent aucun équipement culturel. Ils ne sont allés ni à la bibliothèque, ni au cinéma, et n’ont vu aucun spectacle vivant, n’ont visité aucun lieu de patrimoine. Et 43% des Français ne sont pas allés au cinéma au cours des 12 derniers mois. Aussi, l’accessibilité à l’offre culturelle est un enjeu économique, social, mais aussi d’attractivité du territoire.
C’est pourquoi, je regrette que cela n’ait pas été appréhendé par M. Trémège et, c’est pourquoi je développerai une politique culturelle municipale sous ces trois angles (économique, social, d’aménagement), en enrichissant les services culturels proposés à la population, afin de Mieux vivre à Tarbes (notre troisième axe d’ambitions nouvelles).
Quel est votre projet culturel ?
Valoriser l’existant
Préserver notre patrimoine trop souvent malmené est un engagement qui nous tient donc à cœur.
Je veux tout d’abord valoriser l’existant comme les Haras nationaux qui sont un écrin de notre patrimoine municipal et qui doivent être revalorisés ! Ou le Musée de la déportation qui doit être une illustration vivante de l’Histoire auprès des élèves de tout âge mais aussi une offre culturelle accessible à une plus grande part de la population tarbaise. Ce musée doit être réhabilité, en mettant en lumière le patrimoine historique local consacré à cette thématique, en partenariat avec les archives départementales et municipales … et en travaillant avec le milieu scolaire et les associations de résistants. Redynamiser notre patrimoine muséographique est essentiel.
Le Carmel, les Archives municipales, les Petits as, l’Equestria, le festival de Tango Argentin … ce sont tous ces lieux et ces événements qui doivent être et qui seront valorisés. Le Carmel doit pouvoir être un lieu de culture actif, au centre ville de Tarbes, y compris le dimanche.
Nous mènerons de plus une véritable politique de protection du patrimoine urbain et de sensibilisation auprès des propriétaires privés (possibilité d’une aide avec le CAUE et les Architectes des bâtiments de France). Nous relancerons l’idée d’un ZPPAUP, curieusement abandonné par l’actuelle municipalité, et nous rationaliserons l’implantation des enseignes en centre-ville pour rénover les façades.
Mener une politique d’inclusion culturelle
La philosophie de notre projet est de garantir le droit à la culture pour tous.
Nous inciterons par exemple la conduite d’actions culturelles, la délocalisation de spectacles dans les quartiers populaires (Solazur, Mouysset, Laubadère...) et nous permettrons une définition par les Tarbais de l’offre culturelle qu’ils souhaitent développer.
Cela passe également par le renforcement la culture dans les écoles en partenariat avec les associations et le milieu éducatif.
Je veux également agir pour davantage d’inclusion culturelle. Ainsi, j’ai pour ambition de créer un pass-culture afin de garantir le droit à la culture pour tous, dans les écoles, les quartiers, auprès des seniors …
Les assises municipales de la culture permettront de monter un projet culturel participatif ; cette proposition de la gauche en 2008, nous tient particulièrement à cœur. La culture doit être partagée avec les quartiers.
Développer l’offre culturelle, porteuse d’emplois
Soutenir la création artistique locale est un engagement qui passe par le renforcement de la communication autour des associations culturelles. Nous mènerons un diagnostic sur les besoins en salles (notamment le théâtre des nouveautés) et nous déterminerons sur cette base les moyens à mettre en œuvre pour développer l’offre culturelle.
La culture est de fait un secteur économique à développer et à soutenir car porteur d’emplois. Je proposerai au conseil municipal de créer ainsi une salle de congrès capable d’accueillir des événements culturels comme des séminaires économiques, et un Office municipal de la culture afin de mutualiser les moyens et les infrastructures au travers d’un pôle multiculturel.
Je souhaite aussi développer le patrimoine culturel avec un centre interactif de l’industrie dont l’aéronautique, qui illustrera la place de l’industrie dans notre histoire locale.
Enfin, nous lancerons une réflexion sur un cinéma d’art et d’essai en centre-ville avec un projet culturel associé (débat, salle exposition, café citoyen…). L’été, nous proposerons des projections en plein air suite à la rénovation de la place de la Mairie.
La culture est un secteur pour lequel les Ambitions nouvelles portées par notre liste veulent être à la hauteur des enjeux et des attentes des Tarbais.
Comment articuler la politique culturelle de Tarbes avec les autres acteurs comme le Grand Tarbes, le département ou les acteurs privés ?
La politique culturelle locale ne peut être qu’uniquement municipale. La Ville de Tarbes est un acteur parmi d’autres et des coordinations des actions locales sont nécessaires. Aussi, la Commission municipale en charge de la culture aura pour mission de mener un dialogue quotidien avec le Grand Tarbes et le Conseil général sur les besoins territoriaux et les réponses locales qui leur sont apportées.
De plus, un diagnostic de l’offre culturelle et des acteurs privés et associatifs intervenant dans le secteur sera mené par les services municipaux afin d’avoir une connaissance territoriale des enjeux, des forces en présence et des actions mises en place. Sur la base de ce diagnostic, une politique municipale plus efficiente sera proposée.
Nous avons la grande chance d’avoir le Parvis, scène nationale d’excellente qualité, mais aussi de nombreux autres acteurs culturels à Tarbes et dans ses environs, avec le Pari et la Scène de Musiques Actuelles, Tarbes en Scènes et le Théâtre des Nouveautés, la Gespe, le CAC de Séméac, l’ECLA d’Aureilhan, les écoles de musique, les compagnies théâtrales, les diverses associations culturelles … Ce sont tous ces acteurs que nous devons associer au développement d’une offre culturelle de proximité, dense et accessible.
Comment doit évoluer le budget de la ville de Tarbes consacré à la culture ?
Nous devons tenir compte de la crise et de la rigueur budgétaire qui nous sont imposées. Les projets culturels doivent profiter à tous et surtout à ceux qui en sont le plus éloignés. Comme nous l’avons dit au cours de la campagne, les subventions dédiées aux associations se feront sur des critères clairs et transparents. Certains projets se réaliseront sur un long terme, mais il faut les lancer. Il y a également des participations financières croisées avec les autres institutions publiques qui font que la municipalité n’assumera pas seule le coût des projets.
La crise implique un réalisme budgétaire, mais la culture ne doit pas être un parent pauvre du budget municipal, bien au contraire. Notre exigence sera donc de prioriser les projets qui amèneront la culture vers ceux qui en sont le plus éloignés.
Sur la base du diagnostic que je viens d’évoquer, nous déterminerons les besoins et le budget municipal sera adapté en conséquence. Les conseils et maisons de quartier débattront avec le Conseil municipal sur la question ; sera décidé de maintenir ou d’augmenter le budget dans la limite d’une augmentation de 10% sur la durée du mandat.
La culture est un avant tout un bien public auquel chaque citoyen doit avoir accès car elle participe à l’enrichissement personnel et au développement de l’esprit critique.
Elle permet l’épanouissement de la population et l’exercice de la démocratie.