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Politique culturelle : Elections Départementales

Jean-Marc Luce
Jean-Marc Luce

Nous avons interrogé Jean-Marc Luce (EELV) qui candidate aux Elections Départementales sur son projet de politique culturelle.

Questions aux candidats aux Elections Départementales

Nous avons contacté les candidats aux élections départementales pour les interroger sur 2 axes.

La politique culturelle conduite par le Conseil Général des Hautes-Pyrénées:

  • bilan et critique des initiatives conduites et du soutien aux structures actives.
  • La politique des grands évènements, de l’Escaladieu au Festival de Gavarnie l’action du CG65 envers les plus jeunes ?
  • Est-ce que la part du budget consacré à la culture est suffisante ?
  • Est-elle bien utilisée ?
  • Est-ce que le politique est assez tournée vers un rayonnement culturel des Hautes-Pyrénées ?

Le projet culturel pour les Hautes-Pyrénées :

  • Voudriez-vous conduire un projet dans la continuité ou en rupture avec l’action passée ?
  • Quelles évolutions ou même révolutions tant au niveau artistique qu’économique voudriez-vous impulser ?
  • Faut-il changer l’équilibre entre le pôle culturel tarbais (Parvis, Pari, Gespe, ….) et le reste du département ?
  • Faut-il et doit-on dépenser plus dans ce domaine ?

Réponse de Jean-Marc Luce (EELV)

Mardi 3 mars 2015

PROPOSITIONS DE JEAN-MARC LUCE POUR LE COMPTE DE EELV SUR LE THÈME CULTURE.
La culture, agglomérat de savoirs, de perceptions et de pratiques, d'origines géographiques diverses et de sédimentations dues au temps qui passe, est l'objet d'enjeux majeurs quant au « vivre ensemble » et à l'attractivité de notre région.
On peut en gros séparer, dans ces pratiques culturelles, celles qui font l'objet d'un accaparement par le marché et celles qui y échappent, du moins en partie.
Pour les premières, on peut regretter que l'essentiel des aides publiques aille à des propositions presque toujours issues du paysage culturel parisien, proposés à la consommation par injonction médiatique. Nos élus se sont déchargés de leurs responsabilités sur le Parvis.
On peut être choqué, malgré les qualités réelles d'une grande partie de cette programmation, par l'hégémonie que cette structure exerce sur le département. Cette concentration fait obstacle à la diversité.
Je soutiens donc avec vigueur l'exigence d'une meilleure reconnaissance de la biodiversité artistique et culturelle locale, ou venue d'ailleurs, mais en dehors des clous institutionnels.
Le jacobinisme de nos institutions culturelles est contre-productif, l'arbre cachant la forêt.
Il faudrait donc au conseil départemental des personnes ayant goût et compétences dans ce domaine, capables d'échapper aux diktats des gros opérateurs, et donc d'aider à l'émergence des talents et projets autres. On peut regretter que trop d'initiatives meurent, faute de soutiens (omnibus, à Tarbes, par exemple, et tant d'associations sans moyens). On peut aussi regretter que le statut des artistes et des métiers d'art ait fait l'objet de tant d'indifférence de la part de nos conseillers généraux, d'où leur méconnaissance du poids économique de la culture et de sa place dans les enjeux de développement.
En ce qui concerne la part des pratiques et les ressources culturelles qui échappent au marché, il est urgent de se réveiller en leur accordant la place qu'elles méritent et sauver ce qui peut encore l'être.
On trouve dans ce chapitre aussi bien les langues régionales que le patrimoine bâti, le paysage façonné par les pratiques humaines, les collections publiques et privées, les patrimoines immatériels, la culture scientifique.
Dans ces domaines, beaucoup d'atouts :
Tout un tissu de cultures locales, malheureusement menacées par le mode de développement actuel,
– Le paysage culturel du Mont Perdu, inscrit au Patrimoine Mondial,
– L' observatoire du pic du Midi,
– Les diverses collections ethnographiques et muséographiques (où est passée la collection des quatre vallées ?),
– Un conservatoire botanique,
– Le pyrénéisme sous tous ses aspects (société Ramond, Salon du livre pyrénéen, collection Eyssalet).
– Des archives municipales et départementales (quand seront-elles enfin dignement logées ?).
– Des trésors : baroque pyrénéen, architecture de montagne, architecture thermale, histoire du marbre, courtaous et autres traces du pastoralisme.
Quand nos élus départementaux prendront-ils conscience que la mise en valeur de tous ces atouts pourrait rapporter gros ?
L'enjeu majeur de tout cela réside dans la réappropriation de ces racines afin de stopper la déculturation dont nous souffrons. Réinvestir ces patrimoines singuliers peut aider à libérer la créativité et nous semble aussi la condition qui permet ensuite l'accueil de l'autre et de sa culture.
Jean Marc LUCE, Canton de La Haute Bigorre, le 03 mars 2015