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Politique culturelle / élections municipales 2020 / José Navarro

Nous avons interrogé José Navarro (L’Avenir En Commun.e) qui candidate aux élections municipales sur son projet de politique culturelle.

Questions aux candidats aux élections municipales

Nous sollicitons les candidats aux élections municipales à Tarbes pour les interroger sur la politique culturelle autour de deux axes :

Le regard sur de la politique culturelle conduite par Gérard Trémège, maire sortant :

  • Le soutien aux acteurs - professionnels et amateurs - de la vie culturelle de Tarbes
  • L’action envers les plus jeunes, dans le cadre scolaire en particulier.
  • La part du budget municipal consacré à la culture et son utilisation.
  • Le rayonnement culturel de Tarbes sur son bassin et plus largement
  • L'évolution de La Gespe, du Pari, du Théâtre des Nouveautés, des festivals et des musées tarbais.

Le projet de politique culturelle

  • Voudriez-vous conduire un projet dans la continuité de la majorité sortante ou en rupture avec l’action passée ?
  • Quels développements pour les salles de Tarbes en Scène ?
  • Quelle articulation avec les autres acteurs culturels locaux comme Le Parvis, le tissu associatif de Bagnères de Bigorre et les événements culturelles dans le département ?
  • Quelles évolutions ou même révolutions tant au niveau artistique qu’économique voudriez-vous impulser dans le politique culturelle tarbaise ?
  • Faut-il et doit-on dépenser plus dans ce domaine ?

Réponse de José Navarro (L’Avenir En Commun.e)


Le regard sur la politique culturelle conduite par Gérard Trémège, maire sortant

Le contexte actuel : La mairie de Tarbes, ne possède pas de chef de service culture, encore moins d'un directeur des affaires culturelles et peine à recruter un conservateur pour gérer les musées.

Cette situation perdure

A l'heure actuelle le service culture est constitué d'un pôle de salles de spectacle sous l’appellation Tarbes en Scène, (Le Pari, Le théâtre, La Gespe), d'un secteur des musées regroupant le musée Massey, le musée Foch et le musée de la Déportation et d’un espace d’exposition : le Carmel).

Tout cela est chapeauté par un Directeur Général Adjoint. Il est important que les tarbais sachent que cet agent est également en charge du service Éducation qui n'a pas de chef de service depuis plus de 18 mois alors qu’il représente un des services les plus importants en effectif de la Mairie de Tarbes.

Cela provoque un désordre organisationnel d'autant que l'éducation est un vecteur important dans la sensibilisation au fait culturel, à la construction de l'imaginaire et à l’expérimentation.

Enfin l'adjointe au Maire en charge de la culture a démissionné et c'est Mme Argounés, adjointe en charge de l'urbanisme qui doit reprendre cette commission qu'elle a eu à gérer sur le précédent mandat (2008 - 2014).

Le musée des Hussards n’est pas du tout à la hauteur des espérances que le Maire avait à sa création.

La rénovation totale du musée Massey qui accueille ce musée, s'élève à près de 12 millions d'euros. Aujourd’hui le nombre d’entrées est très faible. Si on compare les chiffres, le petit train du jardin Massey fait plus de recette que le musée des Hussards lui-même. Il faut repenser ce musée avec l’aide des agents qui y travaillent avec beaucoup d’implication, pour redynamiser ce lieu, en développant une politique d’expositions temporaires ambitieuse.

Le musée de la déportation, rue G. Lassalle

Cet espace est totalement délaissé par la Mairie depuis des décennies. Les projets proposés par la municipalité sont sans cesse répétés mais jamais mis en œuvre, laissant les usagers et le personnel dans un inconfort le plus total. Ils ne sont présentés que pour faire illusion, faire patienter.

De plus, situé au premier étage il n'est pas facile d’accès pour les personnes à mobilité réduite.

Les Festivals : Tango, Equestria

Toutes ces manifestations étaient présentes avant l’ère Trémège. Qu’a-t-il amené de nouveau ?!

Ces évènements doivent s’inscrire dans un réel projet culturel, amener le public à la pratique et ne doivent pas se limiter simplement à la vente d’entrées.

Le Rockabilly est plus une initiative émanant de La Gespe que de la municipalité.

Enfin, il faut redéfinir clairement le rôle de l'office du tourisme.

Nous ne sommes pas favorables au déplacement de la médiathèque sur le site de l’Arsenal.

Le soutien aux acteurs - professionnels et amateurs - de la vie culturelle de Tarbes

Le tissu associatif tarbais est riche et notamment en matière culturelle. Cependant il manque d’un réel interlocuteur au sein de la Mairie. Une personne qui puisse le mettre en lien et l’accompagner sur le plan juridique dans la recherche de financement et de développement.

Le soutien passe également par l'attribution de subventions. Comment sont-elles attribuées ? Sur quels critères ? Sont-elles suffisantes ? Une véritable transparence sera nécessaire.

Nous profiterons, entre autres, des fêtes de Tarbes pour qu'elles soient un support de lisibilité pour toutes les associations et leur savoir-faire. Il faut en finir avec la privatisation des fêtes de Tarbes réunies autour de la place du Foirail et que ces fêtes ne soient pas seulement un lieu de consommation. Le tissu associatif tarbais mérite mieux. Là encore nous sommes en cohérence avec notre projet global qui favorise le lien social.

Concernant les artistes professionnels, leurs revenus se répartissent entre le produit de leurs ventes, la perception de droits d’auteurs, des rémunérations de conception, location d’œuvres et certaines activités accessoires comme des conférences ou ateliers. Nous nous engageons à respecter le code de la propriété intellectuelle dans son article 122-2 qui prévoit que les artistes doivent être payés lorsque leurs œuvres sont exposées. Cela est peu appliqué à l’heure actuelle.

L’action envers les plus jeunes, dans le cadre scolaire en particulier

L'action en direction des plus jeunes est quasiment inexistante ; les scolaires et les périscolaires doivent pouvoir être sensibilisés et connaître les structures culturelles de Tarbes.

Dans ces dernières, des professionnels, des artistes professionnels et des amateurs travaillent. Il n’est pas normal que les différents acteurs culturels ne parviennent pas à se rencontrer.

Il est temps que cela change ! Nous devons faire découvrir l’offre culturelle, susciter des envies, initier des pratiques artistiques.

La commune doit être initiatrice et facilitatrice pour ces rencontres.

La part du budget municipal consacré à la culture et son utilisation

La politique culturelle actuelle se caractérise par une somme d’actions qui ne répondent pas à une vision globale d’une politique culturelle territoriale. C’est uniquement, une politique d’affichage.

Le rayonnement culturel de Tarbes sur son bassin et plus largement

Les festivals Tango et Equestria, créés sous les mandats de R. Erraçaret, rayonnent sur le département et attireront du public. Cependant, Equestria mérite de connaître un nouveau souffle.

Tarba en Canta, Terro’art et le festival de rockabilly trouvent leur place et sont une réussite. Mais cela ne suffit pas et nous devons continuer à œuvrer pour le rayonnement culturel de Tarbes. Nous avons apporté tout au long du questionnaire des propositions qui permettront à Tarbes de donner une autre image dans le domaine culturel. Propositions qui s'appuieront sur les compétences existantes au service d'un projet partagé.

L'évolution de La Gespe, du Pari, du Théâtre des Nouveautés, des festivals et des musées tarbais

La Gespe est clairement identifiée sur Tarbes et il faut la soutenir et l’accompagner dans ses projets. La SMAC nécessite une grosse rénovation. Il faut, aussi, donner la possibilité à cette structure de recevoir des musiciens en résidence afin de les aider dans la création artistique.

Tarbes a toujours eu des difficultés à proposer des lieux de répétitions pour les pratiques musicales, il serait nécessaire de créer des lieux avec des studios de répétition et d’enregistrement.

Le Théâtre des nouveautés ne doit pas être l'annexe du Parvis.

Concernant les festivals nous favoriserons les spectacles dans la rue afin de réinvestir l’espace public et nous nous appuierons sur les associations existantes tout en ouvrant aux acteurs extérieurs.

Enfin, nous redéfinirons le rôle de l'office du tourisme. Est-il normal que la fête de la musique soit gérée par l'office du tourisme et non plus par le service culture ?

Comme nous l’avons dit précédemment, des erreurs d’orientation persistent dans les musées tarbais. Cela coûte énormément à la collectivité. Redonner de l’attractivité à ces lieux est un vrai casse-tête. Ces difficultés sont la conséquence de décisions prises sans concertation, qui sont la marque de fabrique de cette municipalité.

Pas de véritable collection, un fond trop diversifié et difficilement exploitable et enfin des frais engagés trop élevés, pour la rénovation du musée Massey, dédiée à une niche culturelle. Il va falloir d'urgence réfléchir à diversifier l'activité du musée Massey, par la venue d'expositions temporaires et faire rentrer du mouvement et de la vie. C'est là, par exemple, que le partenariat avec les écoles prendra tout son sens.

Le projet de politique culturelle

Voudriez-vous conduire un projet dans la continuité de la majorité sortante ou en rupture avec l’action passée ?

Il ne sert à rien de balayer l'existant. Des structures et des événements existent. Il faut les renforcer et les accompagner. Ils sont portés par des passionnés, cela se respecte.

Cependant, pour conduire un projet dans la continuité faudrait-il encore le connaître ? Celui de la municipalité est plutôt flou et sans cadre permettant ainsi toutes les dérives. Il est évident que sur ce point nous serons en rupture.

Nous allons sortir des logiques de communication pour basculer sur un véritable projet global que nous souhaitons le plus accessible. Il y a un énorme savoir-faire dans beaucoup de disciplines sur le territoire : Cirque, musique, photographie, peinture, sculpture, théâtre, danse. Ce sont sur ces compétences qu'il faudra s'appuyer, les mettre en avant.

Des critères pour l’attribution des subventions seront clairement posés avec les partenaires, les associations.

Nous insistons dans notre programme sur la démocratie. En matière culturelle les conseils de quartier, les habitants ont aussi leur mot à dire. Nous ne serons pas dans l’événementiel à tout prix, nous ne promettons pas la lune. Par contre nous nous engageons à travailler avec tous les acteurs et partenaires culturels de cette ville.

Nous ne sommes pas seuls, la DRAC, la Région, le Département, l'agglomération sont aussi là pour nous accompagner.

Quels développements pour les salles de Tarbes en Scène ?

Elles doivent être le relais de ce que nous venons d'aborder. Pour autant il faut faire un état des lieux précis.

La SMAC de la Gespe mérite d’être rénovée, notamment en termes d’acoustique. Elle pourra alors continuer à remplir sa mission. Cet espace est-il suffisant pour accueillir les projets de cette structure ? Nous ne le pensons pas. Il faudra très sérieusement envisager d’autres espaces d’accueil des musiciens.

Le théâtre vient d’être refait. Quelle orientation lui donne-t-on ? Doit-il être une annexe du Parvis ? Le partenariat avec la FOL est-il suffisant ? Nous avons sur Tarbes des opérateurs culturels à soutenir. Ils ne doivent pas, sous prétexte de convention avec une scène nationale, se trouver en difficulté.

Le projet du Pari est intéressant, mettre à disposition un lieu afin d'accueillir des compagnies pour qu'elles travaillent leurs créations et les présenter au public tarbais. Cet accompagnement doit se poursuivre et aller plus loin.

Il faut créer un centre d'accueil et d'hébergement pour les artistes peintre, sculpteurs... Un centre de résidence où plusieurs disciplines se côtoient, en lien avec le réseau de Tarbes en Scène, mais pas uniquement.

Quelle articulation avec les autres acteurs culturels locaux comme Le Parvis, le tissu associatif de Bagnères de Bigorre et les événements culturels dans le département ?

Concernant le Parvis il est indispensable que nous revoyions la convention qui nous lie. Il doit être possible de faire différemment. Le Parvis, scène nationale, est un atout pour notre territoire, il ne doit pas en être le seul. Nous devons trouver un équilibre, l’hégémonie culturelle et financière ne fait pas une bonne politique sur un territoire. Nous pensons au contraire qu'elle peut l’assécher.

L’échelon de la commune est un acteur et un partenaire essentiel dans le domaine culturel et doit avoir, de fait, sa politique culturelle.

Le tissu associatif à Bagnères de Bigorre en matière culturelle est intéressant et riche. Il est soutenu par des acteurs engagés qui n'hésitent pas à aller à la rencontre du public dans la rue, les cafés ... . Musique, Clown, peinture, photographie, vidéo y sont visibles, les partenariats entre professionnels et amateurs sont renforcés. L’association du Cartel Bigourdan, le PHAART ou encore TRAVERSE ont su donner une dynamique à Bagnères de Bigorre au-delà même de la ville. Leur démarche nous intéresse et il est important que nous nous rapprochions de ces structures.

Le domaine culturel n’est pas une compétence obligatoire du département. Il mène cependant, dans le cadre d’une politique volontariste, des actions (Abbaye de l’Escaladieu, musicales…) et soutient des initiatives.

Quelles évolutions ou même révolutions tant au niveau artistique qu’économique voudriez-vous impulser dans la politique culturelle tarbaise ?

La première des priorités, avant de développer un quelconque projet culturel ou action en direction des acteurs et opérateurs culturels sur notre commune, est, de se doter, en urgence d'un service culture qui puisse mener à bien un projet en la matière.

Il en va de même pour les musées où il n'y a plus de conservateur or, c’est une nécessité. Il faut de la lisibilité pour le public, les partenaires, les artistes et le personnel.

Il faut avoir en tête que nous partons de très loin en matière de structuration opérationnelle. Nous devons rendre hommage au personnel sans qui ce service ne tiendrait pas, pas plus que les structures dont on parle. Il faut informer les tarbais de cette situation.

Il nous faut garder la bibliothèque Louis Aragon en centre-ville. C'est une question de cohérence. Alors que la ville de Tarbes est éligible au dispositif cœur de ville pour relancer l’attractivité d'un centre-ville moribond, il est pour le moins contradictoire d'éloigner un lieu de vie, d’information et de culture, du centre-ville.

Nous transférerons cette bibliothèque en lieu et place des prud’hommes, rue Eugéne Tenot. Ce site était prévu pour abriter les archives départementales, dont on sait, avant sa réalisation, que ce site ne convient ne convient déjà pas. Cela donnera une unité des lieux : Musée Massey, l'école des Arts, le Jardin Massey, la salle d'exposition du Carmelet la bibliothèque Louis Aragon. Un espace nouveau dédié à la création en lieu et place de la bibliothèque.

La cour intérieure du Carmel peut abriter des logements et être un support à la résidence d'artistes qui pourront exposer et présenter leurs travaux sur l'ensemble des structures municipales, dans un premier temps et aussi sur l’ensemble de l’agglo et amener l’art dans des endroits les plus isolés.

Il est impératif aussi de s'occuper du Musée de la déportation qui n'est absolument pas adapté à l'accueil du public puisque situé au 1er étage, privant les personnes à mobilité réduite de s'y rendre. Il faut donner un cadre digne de la thématique et respectueux de l'engagement du personnel et du milieu associatif qui y œuvrent. Toutes ces personnes ressources n'attendent que ça. Il faut là encore entamer une réflexion sur cet outil important pour la mémoire et l'histoire de notre ville et notre département. De plus il a vocation à recueillir un fond d'une grande richesse. Nous concrétiserons enfin ce projet qui a trop longtemps été abandonné.

Il faut construire un véritable réseau entre toutes ces structures.

Les ressources et les savoirs faire sont présents, il faut les solliciter.

Nous proposerons des expositions photos sur l’espace public, le camin’adour, le jardin Massey, en mettant toujours en parallèle des ateliers de pratique à direction du public.

Le Haras est un espace qui est en capacité d’accueillir des compagnies équestres, des chapiteaux. Cela doit devenir un lieu de résidence.

C’est par les projets et les capacités d’accueil que nous pourrons être attractifs et que Tarbes rayonnera sur le plan départemental, régional et national.

Nous rendrons au public le domaine public.

Faut-il et doit-on dépenser plus dans ce domaine ?

Il sera tout d'abord impératif de faire un réel état des lieux.

Faut-il dépenser plus ou investir plus dans l'avenir ? Ce n'est pas la même chose et de fait, nous nous inscrivons sur un autre registre.

Prenons l'exemple du musée des Hussard. Il aurait mieux valu le déplacer sur un autre site plus approprié (Foix Lescun par exemple et plus en relation avec la thématique militaire) et consacrer l'espace Massey à un véritable lieu d'accueil d'exposition. D'autre choix ont été faits.

La méthode n'a pas été bonne et coûte très cher au tarbais. C'est pour cela qu'il est impératif de construire avec toutes les personnes concernées mais aussi avec la population. Une fois les décisions prises nous pourrons alors engager des dépenses, mais comme pour l'éducation nous envisageons davantage cela comme un investissement.

Vous voyez, au fil de ce questionnaire, que des investissements sont prévus : bibliothèque, résidence d'artiste avec hébergement, rénovation de la Gespe, création d'espace nouveaux…Outre cela il faut continuer à soutenir l'existant et faire descendre l'art et la culture dans la rue, au plus près du citoyen, libérer les énergies et non les brider en fonction de qui porte ou soutient un projet. Il est également question d'échanges avec l'école des arts, l'éducation nationale et de façon plus simple encore avec les centres de loisirs dont on a la gestion directe.

A l'évidence oui, il faudra investir plus dans l'avenir, mais surtout différemment. C'est une nécessité, compte tenu de la situation du secteur culturel, à la Mairie de Tarbes.


Réponse collégiale validée par la liste et son candidat

Réponse publiée le mercredi 19 février 2020