Quelle était votre intention quand vous avez créé Tarba en canta ?
Je voulais apporter la polyphonie à Tarbes, la transmettre à un public le plus large possible. Montrer que ce n’est pas que du patrimoine local, mais que c’est aussi une pratique d’aujourd’hui. C’est comme un sport collectif musical auquel tout le monde peut accéder. Pour peu qu’on en a l’occasion. C’est pourquoi on va à la rencontre de gens qui n’écoutent pas forcément des polyphonies. On va sur des marchés, dans les lieux de vie, les quartiers de la ville et dans les villages aux alentours. On apporte cette musique qui n’a pas besoin d’être apprise pour partager de la joie et de la convivialité.
Qu’est-ce qu’une polyphonie ?
C’est un son fabriqué par chacun des chanteurs. Qui s’associe au son d’une autre personne, ou d’un cercle de personnes. C’est vraiment une expérience sonore qui demande une maîtrise du souffle et un rythme qui n’est pas pulsé. C’est ce que nous apprend la polyphonie d’ici dans les Pyrénées mais aussi la polyphonie d’ailleurs, dans toute l’Europe du Sud en particulier et dans ce qu’on appelle les musiques du monde. Partout, on retrouve cette expérience du son qui est unique. De ces rencontres au-delà des mots se dégage une véritable joie. On dit bien que les chanteuses et chanteurs sont des créateurs d’empathie !
D’une génération à l’autre, les polyphonies évoluent ?
Oui. On hérite d’une tradition ou les polyphonies se pratiquent au quotidien. Une nouvelle génération arrive et met de l’énergie de ce qu’ils sont, au moment où ils chantent, dans le lieu où ils chantent. Les polyphonies évoluent avec les chanteuses et les chanteurs. Et les textes aussi, avec une jeune génération qui s’empare du répertoire. On parle moins de bergers et de bergères, davantage de ce qui se passe dans les villes dans les jeunes générations chez les filles chez les garçons. Dans toutes les questions de société. Le répertoire change, mais il y a toujours le son de la polyphonie et un rythme qui a une grande vitalité.
C’est cette diversité que vous programmez pour Tarba en Canta ?
Oui, il y aura une belle part donnée aux polyphonies pyrénéennes. Celles d’ici avec cette année les Chanteurs Pyrénéens, celles du Pays Basque et de Catalogne. Mais aussi des chanteurs qui apportent leur culture d’Amérique du Sud et des chanteuses qui vont venir spécialement des Pays Baltes. On construit un équilibre entre ce qui est issu de notre territoire et ce qui vient de plus loin. Entre les chants traditionnels et des groupes émergeants, entre les pros, les adolescents du conservatoire de Tarbes et les enfants des écoles publiques du département.
Qu’est ce qui fait l’identité du festival ?
La programmation qui est très ouverte. Le public qui sait écouter. Des artistes qui vont pouvoir partager la richesse de leur travail et la profondeur de leurs racines culturelles en concert, et qui se prolongent avec des rencontres incroyables de convivialité lors des cantères dans des cafés et des bars.


