Politique culturelle / élections municipales à Tarbes 2026 / François Meunier

Nous avons interrogé François Meunier (Lutte Ouvrière) qui candidate aux élections municipales à Tarbes sur son projet de politique culturelle.

Questions aux candidats aux élections municipales à Tarbes

Nous sollicitons les candidats aux élections municipales à Tarbes pour les interroger sur la politique culturelle autour de deux axes :

Le regard sur de la politique culturelle conduite par le maire sortant Gérard Trémège :

  • Le soutien aux acteurs - professionnels et amateurs - de la vie culturelle de Tarbes
  • La gestion artistique, la visibilité et la place qu’occupent les lieux d’exposition et de spectacle de Tarbes, de La Gespe au Carmel en passant par le Théâtre des Nouveautés, le musée Massey et les autres lieux de culture.
  • Les festivals, qu’ils soient organisés par la ville, soutenus par la ville ou simplement situés à Tarbes
  • L’action envers les plus jeunes, dans le cadre scolaire en particulier.
  • Le rayonnement culturel de Tarbes sur son bassin et plus largement
  • La part du budget municipal consacré à la culture et son utilisation.

Le projet de politique culturelle

  • Voudriez-vous conduire un projet dans la continuité de la majorité sortante ou en rupture avec l’action passée ?
  • Quels développements pour les salles de Tarbes en Scène ?
  • Quelle articulation avec les autres acteurs culturels locaux comme Le Parvis, le tissu associatif de Bagnères de Bigorre et les événements culturelles dans le département ?
  • Quelle articulation avec les artistes tarbais et les artistes qui viennent à Tarbes ?
  • Quelles évolutions ou même révolutions tant au niveau artistique qu’économique voudriez-vous impulser dans le politique culturelle tarbaise ?
  • Faut-il et doit-on dépenser plus dans ce domaine ?

Réponse de François Meunier (Lutte Ouvrière)


Bonjour,

Plutôt que de proposer un programme avant les élections et de m'asseoir dessus après, comme le feront les autres candidats qui ne veulent pas s'en prendre aux capitalistes qui sont prêts à nous sacrifier pour gonfler leurs profits, je préfère vous présenter mes idées en matière de culture. Je ne répondrai donc pas à vos questions point par point, pas parce qu'elles ne méritent pas qu'on s'y attarde mais faire des promesses dans tous ces domaines tiendrait du mensonge ou au mieux de l'hypocrisie.

Je ne vous dirai pas comme d’autres candidats, ce que je ferais si je suis élu maire car je ne le serai pas . Si je suis élu au conseil municipal, j'y serai la voix et les oreilles des travailleurs de la culture comme de tous les autres.

Je suis communiste et à ce titre je pense que « la culture » peut être un élément déterminant pour l’émancipation des exploités. Écouter, comprendre, transmettre, lire, communiquer, se cultiver, tout cela nous parait nécessaire pour aller dans le sens de la société humaine que nous voulons. Et tout ce qui aujourd’hui va dans le sens d’une culture accessible au plus grand nombre me paraît positif.

Vous me demandez mon avis sur la politique culturelle du gouvernement : la part de la culture dans le budget du pays reste très faible, elle a baissé pour être de 0,6% du budget total. Il est loin l'objectif de 1% du budget. Je soutiens les salariés de l'audiovisuel qui se battent contre la création du pôle unique de l'audiovisuel public qui aurait pour conséquence de supprimer des postes et de caporaliser les salariés. Le licenciement de G Meurice a été le premier d'une série qui indique la voie répressive que veut prendre le gouvernement dans ce domaine également : « je ne veux voir qu'une seule tête ». On pourrait reprendre les slogans de mai 68 : ORTF : « la police vous parle tous les soirs à 20h » ou celui-ci. Le RN veut aller encore plus loin : privatiser l'audiovisuel public, ce en quoi il se montre un parti docile à l'ordre capitaliste comme les autres partis qu'on a déjà essayés.

Suite à la réduction du nombre d'heures consacrées à certaines matières à l'école, la majorité des jeunes des classes populaires, qui ont de fait beaucoup moins accès à la culture ne pourront pas compter sur l’Éducation Nationale pour acquérir cette ouverture culturelle qui leur manque. Mais le problème du ministre de l'Éducation, et celui de tout le gouvernement, se résume à ce slogan : « Faire des économies à tout prix » sauf pour les subventions au patronat qui n'a jamais été aussi chouchouté : entre 210 et 270 milliards d'argent public sont allés grossir les coffres des capitalistes l'an dernier. Dans ce cadre, le ministre de la culture devra se contenter de la portion congrue. Mais la fortune des milliardaires de ce pays a été multiplié par 12 depuis 20 ans et dépasse les 1 100 milliards alors que le budget de la culture reste à moins de 9 milliards.

Alors, comme pour les problèmes qui touchent de près le monde du travail (chômage, vie chère), toutes les difficultés pour développer la culture ne trouveront pas de solution à l’échelle de la ville ou du département uniquement

La politique culturelle, comme les autres services publics, est victime de cette logique, qui fait que les caisses publiques sont avant tout au service d'une minorité de capitalistes et banquiers, élus par personne, mais qui pourtant décident de la vie de millions de travailleurs. Pour abolir cette logique nuisible à l'ensemble de la société, il faudra que les travailleurs, ceux de la culture compris, l'imposent aux vrais décideurs, par leurs propres luttes. Il n'y a pas de sauveur suprême. Et puis face à l'extension des tensions guerrières à travers le monde, causée par les rivalités inter-impérialistes, comment envisager un avenir serein pour la culture alors que le bruit des bombes se rapproche.

Les élections qui arrivent doivent être l’occasion de faire entendre une opposition ouvrière à l’offensive patronale et à la politique gouvernementale, quel qu'en soit le résultat. C’est avec cet objectif que Lutte Ouvrière se présente.

C’est pourquoi nous affirmerons dans ces élections qu’il est plus que jamais nécessaire que les travailleurs prennent en main les rênes de la société qu'ils font tourner tous les jours, pour le seul profit des groupes capitalistes. Les travailleurs sont la seule force sociale qui peut en finir avec cette société qui secrète les injustices, la misère et les guerres, dont les bruits se font de plus en plus proches.

Bien cordialement


François Meunier

Lutte Ouvrière – le camp des travailleurs

Réponse publiée le mardi 3 février 2026