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Politique culturelle : Elections Cantonales

Chantal Robin-Rodrigo
Chantal Robin-Rodrigo

Nous avons interrogé Chantal Robin-Rodrigo (PRG) qui candidate aux Elections Cantonales sur son projet de politique culturelle.

Questions aux candidats aux Elections Cantonales

Nous avons contacté les partis qui présentent des candidats aux cantonales en Hautes-Pyrénées pour les interroger sur 2 axes :

Le regard sur de la politique culturelle conduite par le Conseil Général des Hautes-Pyrénées:

  • bilan et critique des initiatives conduites et du soutien aux structures actives.
  • La politique des grands évènements, de l’exposition Warhol au Festival de Gavarnie
  • l’action du CG65 envers les plus jeunes ?
  • Est-ce que la part du budget consacré à la culture est suffisante ? Est-elle bien utilisée ?

Le projet culturel pour les Hautes-Pyrénées :

  • Voudriez-vous conduire un projet dans la continuité ou en rupture avec l’action passée ?
  • quelles évolutions ou même révolutions tant au niveau artistique qu’économique voudriez-vous impulser ?
  • Faut-il et doit-on dépenser plus dans ce domaine ?

Réponse de Chantal Robin-Rodrigo (PRG)

Vendredi 11 février 2011

Monsieur,
J'ai bien reçu votre message me faisant part de la démarche de votre site à l'égard des candidats aux cantonales et je vous en remercie.
Lors de sa session du 10 décembre dernier, les conseillers généraux ont eu un débat sur la politique culturelle ( état des lieux, objectifs..) J'ai eu l'occasion d'intervenir pour le groupe radical de gauche. Une commission a été constituée pour faire des propositions d'actions et une nouvelle réunion est programmée le 25 février prochain. Je vous invite donc à vous rapprocher du Conseil Général pour pouvoir disposer du compte rendu du 10/12/2010 et vous référer à mon intervention ( laquelle répond en grande partie à vos questions).
Bien cordialement,
Chantal Robin-Rodrigo
REUNION DU 10 DECEMBRE 2010
CULTURE
Mme Robin-Rodrigo – Merci Mme la Présidente. Bien évidemment, je joins mes remerciements et ceux du groupe à ceux qui ont été formulés par mes collègues précédemment concernant M. Grosclaude et ses services qui nous ont préparé des éléments qui nous permettent une réflexion approfondie. Je voudrais, dans mon intervention, partir d’un constat et formuler quelques interrogations. Ce constat c’est d’abord : « qui finance à l’heure actuelle la culture ? » Les départements et les régions, nous le savons, se sont largement impliqués dans le champ culturel pour pallier d’abord le désengagement de l’Etat mais aussi pour en faire un levier de développement. Savez-vous que le Conseil Régional de Midi-Pyrénées a multiplié ses interventions dans le domaine culturel avec un budget qui a plus que doublé : 9 millions d’euros en 1998, 22 millions aujourd’hui. Notre département, vous l’avez dit Mme la Présidente, n’a pas à rougir. Au contraire, il se situe, alors qu’il est tout petit, dans une moyenne nationale en termes d’effort : environ 22 euros par habitant. Aujourd’hui, les collectivités locales investissent dans la culture deux fois plus que l’Etat et même dix fois plus en ce qui concerne le subventionnement des dépenses de fonctionnement des structures du spectacle vivant. Au total, sur 10 milliards d’euros d’argent public consacrés à la culture, 3 milliards proviennent de l’Etat et 7 des collectivités territoriales. Voilà le constat ! L’autre critère dans ce constat c’est ce que vient de dire notre collègue Claude Miqueu, c’est la réforme des collectivités territoriales et bien évidemment son impact à partir de 2014. Alors bien sûr je suis d’un naturel optimiste et j’ai envie de dire, du moins en ce qui me concerne, qu’avant 2014, il y a 2012 et j’ose espérer que les collectivités ne continueront plus à être étranglées comme elles le sont aujourd’hui. Mais vous le savez, dès le budget 2011, il y a, pour trois ans, un gel des crédits en direction des collectivités territoriales de l’ensemble des dotations de l’Etat. Il y a également une réduction de 3 % de l’intervention publique. Alors qu’entraînera-t-elle sur la culture ? Je rappelle que la culture n’étant pas une compétence obligatoire, le risque est que les élus locaux n’aient pas d’autre choix que de se servir de ce poste comme d’une variable d’ajustement. Le risque c’est que les inégalités s’accroissent entre les départements riches et les départements pauvres. En résumé, il y a fort à craindre du fait de l’état de nos finances publiques à l’heure actuelle ! Alors quelques observations et quelques pistes de réflexion qui pourraient peut-être nous guider dans les choix que nous aurons à formuler. Si nous parlons culture, nous devons d’abord répondre à certaines questions. La culture oui mais pour qui, comment, quoi et avec qui ? On constate d’abord qu’il y a des disparités dans nos financements, M. Grosclaude vient de le dire, seul 30 % du budget de la culture est consacré aux missions obligatoires que sont celles du Conseil Général, c’est-à-dire la lecture publique et les Archives. Cependant, nous le savons tous, nous avons d’importants besoins sur les Archives, une volonté de vouloir les reconstruire et nous connaissons les aléas qui ont été les nôtres mais mon interrogation est là. Ne pourrait-on pas rééquilibrer notre soutien sur nos compétences obligatoires ? L’autre constat c’est qu’il y a une disparité dans l’attribution des subventions : 90 % sont affectées à 10 % des porteurs de projets, 10 % au reste, ce qui renforce le peu de lisibilité de la politique culturelle départementale et la facilité de saupoudrage. Une observation également : qu’ont fait les pays ? Les pays se sont dotés d’un schéma culturel de territoire qui a donné lieu à un diagnostic, à des propositions et à une mise en réseau pour certains. Est-ce que vous ne pensez pas qu’il faudrait que nous travaillions là-dessus afin d’adopter plus de cohérence pour éviter de refaire ce qui a été fait sur certains pays et d’intégrer la dynamique culturelle des pays ? Et puis j’en reviendrai à la scène nationale qui est un des éléments dont nous sommes très fiers par rapport à tout ce qu’elle nous apporte en termes d’excellence au niveau culturel. Je rappelle cependant qu’elle capte des crédits très importants de l’Etat, de la Région et du Département. Alors une question dans notre réflexion : est-ce que le rôle du Conseil Général est de soutenir autant une scène qui reste seulement accessible à un petit nombre d’abonnés ? Ne pourrait-il pas y avoir quelques contreparties ? Des associations de théâtre amateur par exemple nous interpellent sur les prix pratiqués par le Parvis qui sont inaccessibles pour les petites compagnies de théâtre qui souhaitent assister aux spectacles. Ne pourrions-nous pas conditionner notre soutien à des prix plus accessibles afin que le plus grand nombre profite de la culture d’excellence de cette scène y compris dans le milieu rural ? Je voudrais également parler de quelque chose que nous avons ici, à Tarbes et qui est parfois méconnu pour bon nombre d’entre nous : l’Ecole Supérieure d’Art et Céramique de Tarbes. Quelle politique pourrions-nous mener auprès des jeunes étudiants de cette école ? Ne pourrions-nous pas réfléchir à l’attribution de bourses moyennant une production artistique dans les lieux culturels du département ? L’ESACT possède un vivier de jeunes talents qui ne demandent qu’à exposer, à partager leurs œuvres à Tarbes. L’ESACT proposent un cursus en céramique d’art qui est ouverte aux céramiques industrielles, à l’activité industrielle de tradition dans la région. Il me semble qu’il y a là quelque chose à creuser. Je voudrais maintenant exprimer toute ma satisfaction pour les initiatives qui ont été les vôtres, Mme la Présidente, avec récemment la prise en charge par le Conseil Général de l’Abbaye bénédictine de Saint-Sever de Rustan avec celle de l’Escaladieu. Elles constituent un patrimoine riche et intéressant. Je voudrais également poser une autre question qui a une dimension qui jusqu’à maintenant est absente de nos débats. Comment favoriser la culture pour tous et amener notamment les publics les plus éloignés pour des raisons économiques ? Comment initier ce public, bousculer les barrières et faire en sorte qu’ils adoptent une attitude moins consumérique à l’égard de la culture ? Ce sont toutes ces questions que je me pose tout en vous remerciant Mme la Présidente et en me réjouissant de la mise en place du programme de travail que vous avez initié et dont vous venez de nous donner les dates à l’instant et qui se conclura par une session plénière en février.