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Politique culturelle / élections européennes 2019 / François-Xavier Bellamy

François-Xavier Bellamy
François-Xavier Bellamy

Nous avons interrogé François-Xavier Bellamy (Les Républicains) qui candidate aux élections européennes sur son projet de politique culturelle.

Questions aux candidats aux élections européennes

Nous avons contacté les candidats aux élection européennes dans le Sud-Ouest pour les interroger sur leur vision d'une politique culturelle européenne

  • Doit-on aller vers une politique culturelle Européenne commune ? Doit-on parler d'exception culturelle française au sein de l'Europe ?
  • Quel regard avez-vous sur l’action du parlement européen sortant dans le domaine culturel ?
  • Quelle doit être l’action de l'UE pour favoriser la création culturelle européenne et sa diffusion ?
  • Quelle doit être l’action de l'UE pour favoriser l'accès à la culture des citoyens européens ?
  • Comment associer politique économique et politique culturelle de l’UE ?
  • Est-ce que l'action culturelle de l'UE est assez visible par les citoyens européens ?

Réponse de François-Xavier Bellamy (Les Républicains)

Quel sera le rôle des députés européens ?

Tout le travail de notre famille politique au cours de cette campagne a pour objectif de redonner au projet européen des pierres d'angle. Les politiques culturelles constituent l'une d'entre elles et occupe une grande part de nos actions.

Nous croyons en une Europe qui défend sa civilisation et voulons, au sein du Parlement, défendre sa voix. C'est pourquoi nous enverrons des députés combatifs et réalistes pour des politiques culturelles justes qui portent la voix des entrepreneurs culturels et les soutiennent pour mener à bien leurs projets.

Doit-on aller vers une politique culturelle Européenne commune ?

L'Europe Civilisation, qui assume et défend notre histoire, transmet et fait rayonner avec fierté notre identité et nos valeurs passe par une politique culturelle qui protège notre patrimoine culturel unique comme notre environnement naturel.

Nous voulons que nos institutions européennes viennent toujours plus en soutien aux politiques culturelles des Etats membres créant une solidarité de fait en encourageant leur coopération.

Nous souhaitons instaurer le « 1% culture » européen : faire passer le budget dédié à la politique culturelle de 0,15% à 1% du budget européen pour préserver notre patrimoine dans nos territoires (églises, châteaux...). Nous proposons par ailleurs d'instaurer un fléchage obligatoire d'une partie des fonds européens dédiés aux régions, pour la préservation du patrimoine ; et faire monter en puissance le Label du Patrimoine européen pour valoriser les sites culturels témoins de l'histoire et de la construction européenne.

Doit-on parler d'exception culturelle française au sein de l'Europe ?

Au sein de notre groupe parlementaire, le PPE, nous avons et continuerons de défendre l'exception culturelle française en Europe et en particulier dans le cadre des échanges commerciaux. Nous nous efforcerons de la faire inscrire au sein de ces accords.

Nos députés l'ont défendue par le passé, dans le cadre de la directive sur le droit d'auteur publiée en 2016 par la Commission européenne, en garantissant l'inscription d'exceptions en faveur des droits contractuels des auteurs et des institutions de préservation du patrimoine culturel.

Quel regard avez-vous sur l'action du parlement européen sortant dans le domaine culturel ?

La Communication conjointe au Parlement et au Conseil de 2016 qui reconnaît la culture comme élément vital des relations extérieures de l'UE a permis de reconnaître le rôle fondamental de la culture sous la plupart de ses dimensions (patrimoine culturel, industries créatives). Elle a eu le mérite, dans le cadre de nos relations diplomatiques, d'ouvrir un cadre pour promouvoir la diversité de sociétés enrichies par la circulation d'idées et les échanges culturels. Elle a par ailleurs su reconnaître le rôle et l'engagement nécessaire des institutions avec les acteurs étatiques et les acteurs du secteur culturel indépendant.

Nous soulignons à cet égard les effets bénéfiques des « Capitales de la culture » qui ont permis aux Européens de se découvrir hors des sentiers battus et par-delà les délimitations de l'UE.

L'Année européenne 2018 du patrimoine culturel a été plébiscitée par les Européens qui ont exprimé l'importance et la signification du patrimoine culturel pour eux, invitant l'UE à engager ses ressources pour le protéger.

Notre travail au Parlement dressera un bilan de ces initiatives pour poursuivre et approfondir celles qui défendent le mieux notre civilisation.

Quelle doit être l'action de l'UE pour favoriser la création culturelle européenne et sa diffusion ?

En 2007, l'Agenda européen de la culture à l'ère de la mondialisation a eu pour plus grand mérite de rappeler, fidèle à l'esprit de ses fondateurs, que l'UE ne se limite pas à une puissance économique et commerciale mais représente aussi un projet culturel et social sans précédent. Nous voulons travailler à une Europe qui vienne en soutien des cultures nationales des Etats membres tout en encourageant une approche transversale de la culture.

Il s'agit pour nous de coupler les approches par le haut et par le bas, et à faire de la culture une médiation entre les initiatives locales et les institutions selon une complémentarité intelligente et les vertus du principe de subsidiarité.

Ainsi éviterons-nous de tomber dans l'écueil de la politisation à outrance, de la marchandisation de la culture et lui conserverons-nous sa plus grande force : la créativité par l'initiative et l'enrichissement mutuel des relations qu'elle permet de nouer.

Quelle doit être l'action de l'UE pour favoriser l'accès à la culture des citoyens européens ?

Interpellant directement les citoyens qui la composent, la culture peut rendre sa substance à notre Union que l'on accuse d'être coincée dans ses hautes sphères et confisquée par ses gestionnaires. Car l'action dans le domaine culturel rappelle à tous que l'Union est le projet de la société qui la forge.

Elle invite à la mobilité en attisant la curiosité et l'intérêt des Européens par-delà leurs frontières. Elle invite à une citoyenneté active pour contribuer à un ensemble culturel dont ils font partie.

Parmi nos mesures les plus concrètes pour interpeller les citoyens sur leur histoire commune, nous proposons de créer un Grand Musée européen de l'Histoire et de la Civilisation européenne à Strasbourg et développer des antennes dans chaque capitale de l'UE. De même, nous proposons de faire figurer sur les futurs billets d'euro la devise de l'Union européenne, des grandes figures historiques européennes et des monuments incarnant nos racines latines et judéo-chrétiennes, nos métropoles et territoires européens, leur culture et leur génie architectural.

Comment associer politique économique et politique culturelle de l'UE ?

Le Conseil avait saisi l'importance de cette interconnexion dès 2007 dans l'élaboration de son Agenda pour la culture, invitant l'UE à favoriser l'intégration de ses industries créatives dans une économie globale culturelle qui combatte l'uniformisation.

Ces industries créatives sont centrales dans la soutenabilité de l'aide au développement, prodiguant de la formation, des équipements et des débouchés commerciaux.

A cet égard, le programme « Europe créative » qui va s'achever reposait sur l'idée de permettre aux plus petites structures d'accéder aux financements nécessaires pour que leur diversité soit vraiment reflétée sur le marché culturel européen et au-delà.

Nous voudrions que le programme qui lui succède et ses fonds soient plus largement accessibles, en particulier aux entrepreneurs culturels les plus « modestes » et ancrés localement.

Est-ce que l'action culturelle de l'UE est assez visible par les citoyens européens ?

L'Europe ne doit pas être le nom d'un vide. Elle est d'abord une civilisation dont le mode de vie est aussi précieux que les valeurs. L'Europe ne vient pas de nulle part : elle est le fruit de racines gréco-latines, judéo-chrétiennes et de l'héritage des Lumières. Ses arts, sa littérature, ses manières de vivre, fruits de la transmission des âges et enrichis par la créativité du temps témoignent des systèmes de valeurs, de tradition et de croyance qui nous mettent en mouvement, nous Européens.

Dans une mondialisation déséquilibrée, nous avons la responsabilité de porter une voix unique qu'il s'agit de transmettre aux générations à venir et notre famille politique travaillera à ce que le Parlement européen en devienne la caisse de résonance.


l'équipe de campagne de François Xavier Bellamy


Réponse publiée le mercredi 8 mai 2019, vue 326 fois