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Loïc Ploteau (Asté)

Loïc Ploteau, un artiste grandeur nature

Avec son Jardin perché, Loïc Ploteau a créé sur les hauteurs d’Asté une œuvre unique en Hautes-Pyrénées qui associe installations artistique et végétation.

Loïc Ploteau nous guide dans son Jardin perché.

Loïc Ploteau nous guide dans son Jardin perché.

Il y a plusieurs moyens de découvrir la production artistique de Loïc Ploteau. En allant voir les œuvres qu’il expose, comme en ce moment à la Médiathèque de Lourdes. Mais surtout en se rendant à Asté pour visiter le jardin perché qu’il organise entre végétations et installations artistiques. Le verbe organiser n’est sans doute pas le terme le plus approprié pour décrire le Jardin perché de Loïc Ploteau. De prime abord on perçoit plutôt une improbable succession d’installations disséminées sur la pente herbeuse. Des outils anciens, des tôles perforées par la rouille, le tout gagné par une végétation qui enserre le métal au fil de sa croissance. Nous avons rendez-vous avec l’artiste qui va nous faire découvrir son jardin.

Je vous propose de faire un tour du jardin ensemble. Une visite qui commence par une accumulation d’outils rouillés, d’objets divers et variés aussi usés par le temps que par les mains qui s’en sont servis. C’est ma réserve : je récupère des outils en débarrassant des granges ou que les voisins m’amènent, il y a aussi des objets modelés par le courant de la rivière comme cette porte de wagonnet de mine trouvée dans la rivière et beaucoup de choses oubliées, laissées à l’abandon explique Loïc Ploteau. Autant de matière que j’utilise pour réaliser des installations dans mon Jardin perché et de production de sculptures plus petites que je peux exposer. Déjà il nous entraine vers la suite par un étroit sentier qui serpente d’une installation à l’autre sur les flancs de son jardin. Il n’y a pas de chemin unique pour parcourir le jardin. Avec un ami on a envie d’en faire un chemin de croix païen avec des stations.

On découvre les productions de Loïc Ploteau, faites de matériaux modelés par l’usage, marqués par le temps avec une végétation qui s’approprie les formes. La rencontre de la mémoire des matériaux, d’une la parcelle d’histoire que détient chaque objet qu’il mobilise et de la nature du jardin qui habite les installations. On est passé d’un près relativement stérile à un jardin qui foisonne de plantes, de serpents, de bébêtes. Quand je sors le soir, je rencontre la salamandre qui fait la maline sur le seuil de la porte. Je vois, je sens que ce jardin est beaucoup plus vivant, que les haies sont habitées, que les installations font partie d’un ensemble avec la nature pour donner vie au jardin lui-même. Mais ce n’est pas une nature qui prend le dessus sur l’homme, mais une nature au sein de laquelle je me sens bien, je me sens intégré, je sens mes œuvres intégrées. Une intégration de l’homme dans le vivant, un retour à une juste place au sein du vivant.

Au fil de la circulation dans le Jardin, de la succession d’installations émerge une communion artistique entre les constructions et la nature, entre les objets qui portent une parcelle d’un passé laborieux dans la vallée et la nature qui renoue des liens. Une mémoire pour envisager un futur plus responsable. Toute ces installations dans le jardin ne forment qu’un ensemble, c’est une seule création, un seul monde dans lequel se mélange des éléments issus de la mémoire et du vivant. Mon art, c’est ma descendance, la transmission d’un patrimoine que je continue à faire vivre.

Le circuit est terminé en laissant l’impression que ce jardin perché est l’œuvre d’un artiste qui ne l’est peut-etre pas moins. Un projet fascinant par son ambition, par l’originalité de sa réalisation. Et incontestablement une belle façon de découvrir l’univers artistique de Loïc Ploteau grandeur nature.

Par / ©Bigorre.org / publié le