À moins d’une heure de Bordeaux et à un peu plus de Paris, le littoral de Charente-Maritime propose un tourisme raisonné qui permet de préserver quelques-uns des plus beaux sites de l’océan Atlantique.
Face à la mer, sans être dos au béton en Charente-Maritime / photo ctrna
De l’Île de Ré à l’Île d’Oléron, en passant par La Rochelle et Marennes, le littoral charentais concentre certains des plus beaux paysages de la façade atlantique. La Rochelle et son Vieux-Port qui semble veiller face à l’océan avec leurs tours médiévales. Les grandes plages, comme celle de Boyardville et sa vaste étendue de sable fin sur l’île d’Oléron, celle de Châtelaillon-Plage au sud de La Rochelle ou encore la plage de la Trousse-Chemise sur l’île de Ré, dessinent une côte variée et accueillante. Les îles, justement, en commençant par Ré, où les pins et les dunes alternent avec les marais salants qu’on traverse à vélo, suivent Oléron, Aix ou encore le très télévisuel Fort Boyard. Autant d’images qui invitent au voyage, le temps d’un week-end, d’un pont du mois de mai ou de vacances, puisque que c’est une destination souvent choisie pour l’été.
Mais ici, ni barres de béton comme dans la Vendée voisine, ni aménagements touristiques construits au mépris de l’environnement. En Charente-Maritime, le tourisme se veut durable. Souvent citée en exemple pour sa capacité à concilier fréquentation importante et préservation des sites naturels, la démarche, bien qu’imparfaite, reste une source d’inspiration que pourraient suivre d’autres territoires.
La préservation des espaces naturels
Très fréquentée en période estivale, notamment sur le littoral et les îles, la Charente-Maritime a mis en place une gestion qui se veut raisonnée de ses espaces, en limitant l’urbanisation excessive et en protégeant des zones sensibles comme les marais, les dunes et les réserves naturelles. Les sites préservés sont nombreux, aussi bien le long de la côte qu’à l’intérieur des terres. On peut citer notamment :
- La réserve naturelle nationale de Moëze-Oléron, vaste zone de vasières et de prés salés entre l’île d’Oléron et le continent, classée site d’importance internationale pour l’hivernage et la migration des oiseaux.
- La réserve naturelle nationale du marais d’Yves, entre La Rochelle et Marennes, qui protège un ensemble de dunes, marais, roselières et prairies accueillant des centaines d’espèces d’oiseaux et une flore remarquable.
- La réserve naturelle nationale de Lilleau des Niges, sur l’île de Ré, aménagée sur d’anciens marais salants et devenue un haut lieu de l’ornithologie sur la façade atlantique.
- Plus au nord, la baie de l’Aiguillon, zone humide majeure du marais poitevin, essentielle pour de nombreux limicoles en halte migratoire ou en hivernage.
- À l’intérieur des terres, à une dizaine de kilomètres de Marennes, la réserve naturelle régionale de La Massonne, entre marais et landes, réputée pour sa grande diversité de plantes, de libellules, de papillons et de chauves-souris.
- Ainsi que les sites labellisés
Échappées Nature
, comme la cabane de Moins, le marais aux Oiseaux ou certains secteurs du marais poitevin et de Moëze-Oléron, qui forment un réseau d’espaces naturels sensibles ouverts au public avec une gestion écologique et une médiation pédagogique.
La préservation du patrimoine et de l’identité charentaise
Le patrimoine construit est aussi omniprésent sur ce littoral. À commencer par celui de La Rochelle qui est riche d’un héritage exceptionnel lié à son passé maritime. Du centre historique au port des Minimes, la balade dans les rues piétonnes permet de s’imprégner de la culture locale avant d’arriver sur le Vieux-Port, en traversant places animées et quartiers de caractère. Le centre-ville est inclus dans un secteur sauvegardé qui veille à concilier préservation du patrimoine et évolution des usages. Plus largement, la ville intègre les enjeux environnementaux et énergétiques à travers un schéma de cohérence territoriale visant à limiter la consommation d’espaces agricoles et naturels, notamment pour lutter contre l’étalement urbain.
Les villages ostréicoles et les ports de pêche rappellent la profondeur de la culture maritime locale, avec leurs cabanes colorées, leurs pontons en bois et leurs bassins où mûrissent huîtres et crustacés. La valorisation des savoir-faire locaux, de l’ostréiculture aux marchés de producteurs, constitue un levier essentiel pour accueillir des millions de visiteurs sans dénaturer le territoire. Même si la Cité de l’huître, au sud de Marennes, a récemment fermé après vingt ans d’existence faute de fréquentation suffisante, les ostréiculteurs restent nombreux entre Marennes et Oléron à façonner le paysage et l’identité du territoire.
Préserver pour construire un tourisme durable
Cette approche cherche un équilibre entre attractivité touristique et protection des milieux, afin d’offrir une expérience riche tout en respectant l’environnement et l’âme charentaise, fondée sur un art de vivre tourné vers l’océan, la nature et la simplicité. La preuve que la préservation n’est pas l’ennemie du tourisme, mais bien une condition essentielle pour penser son développement sur le long terme, loin des modèles fondés sur la bétonisation massive.
Stéphane Boularand@bigorre_org / ©Bigorre.org / publié le lundi 19 janvier 2026
Sur le même sujet
- 24/06/23 : Quelle est la meilleure saison pour s’offrir une croisière en Méditerranée ?
- 01/04/23 : Aller en Martinique ou en Guadeloupe pour les vacances de printemps
- 08/11/22 : Escapade à Biarritz le temps d’un week-end ou davantage
- 17/10/22 : Partir en vacances avec les enfants
- 30/03/22 : Voyage en Polynésie(s)
- 22/03/22 : Profiter du printemps en Hautes-Pyrénées