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Politique culturelle : Elections Présidentielles

Nicolas Dupont-Aignan
Nicolas Dupont-Aignan

Nous avons interrogé Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) qui candidate aux Elections Présidentielles sur son projet de politique culturelle.

Questions aux candidats aux Elections Présidentielles

Votre regard sur de la politique culturelle conduite par le Président de la République Nicolas Sarkozy et des Minitres de la culture de ses gouvernements :

  • Est-ce que les objectifs affichés du candidat Sarkozy ont été atteints ?
  • Bilan et critique des initiatives conduites et du soutien aux structures actives.
  • L’action envers les plus jeunes, dans le cadre scolaire en particulier. Est-ce que la part du budget consacré à la culture est suffisante ? Est-elle bien utilisée ?
  • Loi Hadopi : une protection nécessaire et efficace ?
  • Le rayonnement culturel de la France est-il suffisant ?

Votre projet culture

  • Voudriez-vous conduire un projet dans la continuité ou en rupture avec l’action passée ?
  • Quelles évolutions ou même révolutions tant au niveau artistique qu’économique voudriez-vous impulser ?
  • Faut-il et doit-on dépenser plus dans ce domaine ?
  • Quel statut pour les professionnels, intermittents du spectacle ?

Réponse de Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France)

Vendredi 24 février 2012

Madame, Monsieur,
Comme vous le savez, je m’inscris dans la lignée du gaullisme, et le général de Gaulle a été le premier à créer un ministère des affaires culturelles. La culture est une matière à multiples facettes dont chacune évoque des aspects différents. En matière politique, la culture est d’une part la richesse des siècles passés qui nous instruit et nous renseigne sur le présent. La culture est un moyen de cohésion social et un moyen de comprendre le monde contemporain. Mais d’autre part, la culture est une disposition nécessaire et utile à la politique étrangère d’un Etat. La culture française contribue de manière significative au rayonnement de la France sur le monde et permet la diffusion de son message de paix et de liberté. La langue, l’Histoire et les arts forment le socle essentiel de notre identité. Ce constat n’a jamais été aussi vrai qu’à l’heure de la globalisation et de la standardisation culturelle.
Une véritable politique culturelle nationale doit agir sur deux points : protéger l’exception culturelle qui forme une dimension importante de notre identité, et encourager l’exportation de la culture française.
Je maintiendrai le protectionniste culturel de la langue ainsi que celui de l’art et le patrimoine.
La langue Française est la 5ème langue parlée dans le monde, elle est utilisée par de nombreuses organisations. Mais ce n’est un secret pour personne qu’elle recule, signe de la résignation de nos dirigeants successifs qui laissent l’anglais gagné une place qui ne lui revient pas de droit (la Chine commerce aisément avec les Etats-Unis sans que l’anglais prédomine de manière excessive dans leurs dialogues). L’académie française aura pour objectif de veiller au bon usage de la langue ainsi qu’à son évolution. Une langue n’est pas figée, mais enrichir une langue, ce n’est pas la laisser se transformer en une novlange construite d’anglicismes.
Nous renforcerons donc la loi Toubon (défense de la langue française) et nous orienterons vers une réforme proche de celle proposée par Marini (pénalisation de l’usage abusif de l’anglais). Nous pourrions comme au Québec envisagé la suppression des slogans en Anglais, de même pour les titres des films.
En ce qui concerne l’art et le patrimoine français, nous maintiendrons la politique d’exception culturelle qui, par l’usage des quotas, permet à la France de protéger l’industrie culturelle nationale. La protection du patrimoine historique et rurale sera organisée par l’Etat avec la collaboration des régions et des départements.
Le protectionnisme culturel doit garantir que le quota radiophonique reste de 40 % de chansons francophones dont 20 % de nouveaux talents ou de nouvelles productions, et que le quota télévisuel soit de 40% pour les œuvres d’expression originale française, tant sur le volume que par la grande catégorie d’émissions (c'est-à-dire) 40% des longs métrages, 40% des fictions TV et 40% de la programmation destinée à l’heure de grande écoute.
Enfin créer une allocation spéciale pour la production cinématographique française quand il s’agit d’un film historique car ces films sont plus chers, et contribuent à promouvoir la culture française. Ils doivent bénéficier d’un encouragement supplémentaire- La culture à la portée de tous, tant pour l’enrichissement personnelle de chacun que comme élément socialisateur.
On me demande souvent si j’étais élu, quelle serait la première loi que je ferais voter. Je réponds que je rétablirais un protectionnisme sélectif et intelligent. C’est exactement ce qui existe encore en France au sujet de la culture. Ainsi, je maintiendrais le prix unique du livre et les droits d’auteur seront conservés par la France, malgré leurs incessantes remises en question par l’UE. En effet, cette loi est souvent qualifiée de mesure d'effet équivalent à une restriction quantitative interdite par l'article 30 du Traité instituant la Communauté européenne, autrement dit une politique protectionniste interdite par l'UE. Mais c’est grâce à ce protectionnisme intelligent que vivent et prospèrent encore le cinéma et la chanson française.
La culture est un bien immatériel, difficile à évaluer pour les financiers qui orientent la plupart des décisions politiques actuelles. La culture ne se mesure pas en culture de riches ou de pauvres, mais les moyens d’accès à la culture peuvent se mesurer comme tel. La loi HADOPI constitue une injustice absolue et complètement apocryphe.
Le gouvernement actuel freine la diffusion de la culture pour répondre aux exigences de la finance. Alors qu’il serait facile de rémunérer les artistes grâce aux abonnements Internet, les maisons de disques tentent de préserver leurs privilèges en continuant à vendre des dizaines d’euros des disques qui ne leur coutent que quelques centimes.
Au lieu de faire la promotion d'un internet neutre, propre à faire de notre pays un leader dans ce domaine technologique, nous régressons sous la pression des moines copistes graveurs de DVD et de CD qui sont de toutes les façons condamnés par l'Histoire à occuper une place marginale dans la diffusion de la culture.
Notre pays a pourtant des atouts incroyables, notamment parce que les FAI français margent un peu moins qu'ailleurs, démocratisant ainsi l'accès à Internet. Avec 25% des créations d'emploi depuis 1995, Internet est aujourd'hui le premier facteur d'emploi en France. Et alors que la finance débridée est en train de détruire l'économie réelle, on cible une fois de plus Internet, alors qu'il est un moteur de notre croissance.
Avec les lois de type HADOPI 1-2 et LOPPSI 2, l'accumulation des taxes sur les FAI, la stigmatisation d'Internet au moindre fait divers sordide, nos dirigeants insultent l'avenir qu'ils sont pourtant sensés préparer.
Il est d'ailleurs assez singulier de constater que ce sont les même qui crient au fascisme dès que l'on ose parler de protectionnisme - mécanisme qui vise à corriger les effets néfastes du libre échange - qui dans le même temps érigent dans le domaine numérique des murailles aux effets bien plus pervers sur les libertés que de simples droits de douanes dans le domaine commercial !
En effet, du point de vue des libertés individuelles, le dispositif que nous prépare HADOPI 3 a déjà été testé avec "succès" par une entreprise française (Amesys) dans la Libye de Monsieur Kadhafi, juste avant la chute de ce dernier. Il permettait aux services de renseignements libyens d'analyser le trafic de l'internet de leur pays afin de détecter, non pas de simples téléchargements de films ou de MP3, mais bien de débusquer les opposants en fouillant dans les mails, dans les habitudes de surf sur le web, etc.
Malheureusement avec HADOPI 3, la France d'après risque bien de
ressembler à la Libye d'hier !
Enfin, il faut diffuser et exporter la culture française.
A l’échelle nationale la culture française est focalisée sur Paris. Il faut encourager la diffusion culturelle à l’intérieur même du territoire. Les Services Territoriaux de l’Architecture et du Patrimoine (STAP) créées suite à la Révision Générale des Politiques Publiques ont montré leur insuffisance et leur incapacité à coordonner leurs actions avec les organismes régionaux. Les échelons déconcentrés devront être restructurés.
Il faut aussi encourager les échanges entre les musées nationaux afin que les œuvres d’art soient exposés dans toutes la France.
A l’échelle internationale, pour ne pas se laisser distancer, la France devra encourager la diffusion d’art populaire et encourager le développement et l’exportation du cinéma français.
De même qu’il faudra encourager la diffusion de la littérature française. La France est le pays qui a eut le plus de prix Nobel de littérature. Ainsi encourager la diffusion du livre en langue française permettra par extension de diffuser la langue française.
Je vous remercie monsieur pour le questionnaire que vous m’avez envoyé. Je vous joins en retour mes "37 propositions pour une France libre", à diffuser sans modération.
Je vous prie d’agréer, monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.
Nicolas Dupont-Aignan,
Député de l'Essonne
Candidat à l'élection présidentielle

La réponse de Nicolas Dupont-Aignan