Comment est né le festival il y a 30 ans ?
On avait créé Cric-Crac, un groupe de 5 conteuses qui allait partout dans les écoles, les médiathèques et les classes transplantées où on nous demandait des contes pyrénéens pour les petits parisiens qui venaient. Un festival qui existait dans les Pyrénées-Atlantiques s’arrêtait et on s’est dit que ce n’était pas possible de ne plus avoir de festival et on a monté Contes en Hiver.
Que vouliez-vous faire avec ce festival ?
Continuer à faire vivre le conte ici, alors qu’il était plutôt en déclin. Donner une place à son renouveau, à cette forme si essentielle de spectacle : il suffit d’une personne qui raconte, on va l’appeler conteur, d’un public pour l’écouter et le conte existe.
Est-ce que le conte a évolué ?
En plus du conte traditionnel, d’autres formes sont apparues. Des contes avec des musiciens, des contes mis en scène. Mais le conteur et son conte doivent rester au centre. Le reste doit être derrière. La mise en espace oui avec des gestes et une présence, mais pas de mise en scène écrite à l’avance. Le conteur est seul en scène, il doit rester libre de sa parole autour de la trame du conte, pour être au plus près de son public, du lieu, du moment. C’est beaucoup de travail en amont.
C’est un festival fait pour quel public ?
Le festival Contes de Hiver s’adresse à tous les publics car les contes sont pour tout le monde. Il y a des contes pour enfants, des contes pour adultes. Pour tous les âges, et ce n’est pas réservé à ceux qui fréquentent les salles de spectacle. Le conte n’a pas besoin d’une technique lourde pour se produire. Il n’y a pas de décor, a peine un peu d’éclairage et un petit espace peut suffire. Ca nous permet de programmer les contes du festival un peu partout dans le département. On va à la rencontre du public, avec des partenaires qui nous permettent d’être au plus près de la diversité des publics, dans des petites villes, dans des bars, des salles de fête, dans des médiathèques, au tiers-lieu de Lourdes, dans des écoles, à l’abbaye de l’Escaladieu. C’est aussi ça la magie du conte. Et comme une grande partie de notre programmation est gratuite on est vraiment très ouverts.
Comment choisissez-vous les conteurs du festival ?
On a décidé de faire un festival avec des conteurs qu’on a vu et entendu. Donc déjà je vois beaucoup de spectacles, je vais dans beaucoup de festivals. J’aime les conteurs qui n’ont besoin que de la voix pour emporter les spectateurs. J’aime les conteurs qui croient et qui font croire en ce qu’ils racontent. J’aime les conteurs qui laissent le public imaginer. Il y a des coups de cœur, des conteurs qui m’intéressent particulièrement. Je les programme en fonction de leur disponibilité. Et de ces conteurs sort la thématique du festival.
Qu’avez-vous programmé cette année ?
Il y a six conteurs Anne-Gaëlle Duvochel qui fait l’ouverture samedi, Nathalie Lhoste-Clos qu’on connait bien en Hautes-Pyrénées, Pierre Delye qui est à la fois auteur et conteur, David Torména, Jean-Claude Botton et Hélène Bardot. 18 spectacles publics et 6 dans des écoles. Et deux semaines pour les découvrir, les voir ou les revoir.




