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Baptiste Amann - Le Parvis (Ibos)

Baptiste Amann va faire sa prochaine création au Parvis

Artiste invité de la saison, Baptiste Amann était au Parvis cette semaine pour Lieux communs. Il sera de retour en mars pour la première de Sans suite [Un air de roman] qu’il a écrit.

Baptiste Amann au Parvis

Baptiste Amann au Parvis

Quelle est l’intention de ces Lieux Communs ?

La première envie, elle était de travailler en articulant la notion d'irrésolu et celle de vérité. Quand il y a quelque chose qui nous échappe. Quand personne ne peut acter d'une vérité objective pour tout le monde. Quand par exemple on n'a pas les faits pour venir attester d'une certaine vérité. Dans la pièce, on parle d'un fait divers mais ça pourrait être la parabole de choses beaucoup plus vastes comme l'existence de Dieu, la naissance de l'univers. Quand on est dans un seuil conceptuel au-delà duquel on n'arrive pas à penser la vérité, on sent bien que ça devient une notion qui nous consume, qui nous tourmente et qui organise des différents qui polarisent la société.

Vous placez aussi le public à l’inverse des conventions

Oui, c’est aussi l’irrésolu dans la représentation. Et de renverser le dispositif de représentation. C'est à dire que on assiste à un spectacle par les coulisses. En fictionnalisant ce propos sont apparus quatre espaces qui constituent un paysage allégorique de la coulisse. Le sous-sol d’un commissariat, les loges d’une émission de télé et un atelier de restauration picturale. Des espaces cachés avant qu’on soit amené à les représenter.

C’est le sujet qui a appelé la forme ? Ou le contraire ?

C'est un mélange des deux. Je réunis en premier la distribution. J'écris pour les actrices et les acteurs. Et aussi pour un espace. Le scénographe pense un espace qui évolue à mesure que la fiction se met en place. La question de la vérité, de l’irrésolu a généré cette envie de créer un grand mur qui occulterait ce qu'on est censé voir et des fenêtres. Ce qui nous a amené à une réflexion sur toute l'histoire de l'art qui est évoqué dans une scène un peu burlesque au début. Avec cette question de la peinture vécue comme une fenêtre représentant la réalité sur une surface plane et le mur avec l'art abstrait qui inclut la personne qui regarde dans l'espace de la toile. Il y a tous le temps une liaison entre le fond et la forme dans toutes les réflexions qu'on a menées. Il ne s'agissait pas seulement de raconter une histoire mais de toujours la lier à la manière dont on représenterait cette histoire.

Le thriller n’est qu’un prétexte ?

Les questions qui m'intéressent sont pas tant celles de l'intrigue policière de savoir si les coupables ou pas. Ca va être plutôt des sujets qui tournent autour de la vérité, sur de la représentation de la violence, sur les stéréotypes. Comment la scène est un dispositif d'assignation. Le thriller c'est un genre qui ne paye pas une mine. Mais en jouant avec notre peur, en mettant en jeu les figures monstrueuses des questions morales. Je trouve que c'est un beau support pour ces questions théoriques. Il est une porte d'entrée pour ces questions pour des gens qui serait plus eux intéressés par l'intrigue.

Que signifie pour vous d’être nommé artiste invité du Parvis ?

Frédéric Esquerré m’a proposé que je sois fil rouge au long de la saison. Ça me permet d’avoir différentes présences dans la saison. En décembre on a fait une tournée avec Grande surface dans des petites salles avec un dispositif très léger. Un pied de micro, et je lis pendant 45 minutes un texte qui raconte la découverte de l'album L'école du micro d'argent du groupe IAM dans la grande surface. Qui a été révélateur d'une puissance esthétique et d'un désir de création qui a déclenché un mouvement d'écriture chez moi. Là on a présenté une grande forme sur le plateau du Parvis. Et je reviens en mars pour un autre spectacle.

Que préparez-vous pour mars prochain ?

C’est un texte que j'ai écrit qui sera mis en scène par Sébastien Bournac. Une comédie que le metteur en scène aime bien présenter comme une comédie musicale contrariée. Ca va être vraiment comme une comédie musicale introspective et minimaliste. On va essayer de raconter la difficulté de création quand on rencontre dans sa vie une épreuve personnelle. L'histoire d'un compositeur à qui on confie la mission d'écrire la bande son d'un film musical et qui au moment où il se lance dans la création, perd sa mère. Lui qui pensait n'avoir jamais vraiment aimé sa mère, il va découvrir un monde qui lui parvient par les yeux de sa mère morte. Et ça change tout. Et ça réorganise tout autour de lui. On traiter ce rapport au vertige au travers du genre de la comédie musicale avec un texte très écrit et des chansons qui appartiennent plus à l'univers pop. Donc c'est un objet hybride qui sera vraiment intéressant à aller voir. J'ai vu quelques photos des répétitions et l'équipe qui a réuni le metteur en scène. Il y a une vraie prise de risque, une vraie tentative sur la façon de raconter des histoires aujourd'hui. Le 11 mars au Parvis, ça sera la première du spectacle, je suis très curieux de voir ce que ça va donner.

Propos recueillis par / ©Bigorre.org / publié le

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