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Sans suite [Un air de roman]Sébastien Bournac - Le Parvis (Ibos)

Sébastien Bournac, la comédie musicale pour retrouver le théâtre total

Du grand spectacle en perspective avec 8 comédiens, musiciens, chanteurs dans une dynamique de comédie musicale avec la première de Sans suite [Un air de roman] sur le plateau du Parvis mercredi soir.

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Sébastien Bournac en résidence au Parvis pour Sans suite [Un air de roman]

Qu’est-ce-qui vous intéresse dans la forme de la comédie musicale ?

J'ai toujours pensé que le théâtre n’était pas seulement l'affaire d'un texte, mais que la mise en scène pouvait convoquer d'autres éléments. Le travail sur la scénographie, le travail de d'acteur, les costumes, la musique. La musique est très importante pour moi. Ce qui m'intéresse, c'est la diversité des registres et des régimes de narration qui peuvent arriver sur le plateau et être juxtaposés. Ce n’est pas une pièce qui se déroule à travers des dialogues du début à la fin. Quand surgit une chanson née d'une scène, ça nous amène sur d'autres plans, d'autres niveaux, d'autres ressentis aussi pour le public. C'est le spectacle et ce mélange-là qui m'intéressent. Je crois que le théâtre c'est un art total. La comédie musicale c'est retrouver les fondamentaux du théâtre. Chez les Grecs déjà il y avait la musique, il y avait le jeu d'acteur, il y avait les costumes. C'est une manière de se reconnecter à une forme très populaire de théâtre. C’est un spectacle joyeux, avec huit personnes au plateau. C’est très ouvert et ça s’adresse à tous les publics.

Baptiste Amann nous a dit que vous qualifiez le spectacle de comédie musicale contrariée. C’est une bonne description ?

C’est peut-etre pas le mot le plus juste. Baptiste joue avec les codes de la comédie musicale, avec les références de la comédie musicale. Avec aussi bien les thématiques, un triangle amoureux par exemple, ou une épreuve difficile pour un des protagonistes, de la pièce ou dans la forme, la diversité que j'évoquais tout à l'heure. Et puis on s'était dit aussi que parfois dans les comédies musicales tout allait dans le même sens émotionnel. Là, la musique était aussi là parfois pour contrarier les intentions de jeu. Par exemple il a écrit une très belle scène dans le spectacle où les personnages principaux sont en train de se parler d'un jeu très important, alors que la musique est très forte parce qu'il y a des groupes de musiciens qui est en train de jouer. Ça contrarie, ça crée une complexification dans la réception et ça c'est assez intéressant. J'aime bien cette juxtaposition comme c'est dans la vie. On peut traverser une épreuve difficile, un deuil par exemple et être à côté d'un bar où ça fait la fête. C'est la juxtaposition des émotions qui est belle. Mais on ne voit pas ça dans la comédie musicale traditionnelle qui gomme un peu ses aspérités là. Forcément si on attend une comédie musicale à la Broadway, on va être un peu déçu parce que c'est une comédie musicale d’aujourd'hui dans une histoire d'aujourd'hui. Je dis parfois que c’est une pièce musicale avec des chansons parce que c'est comédie musicale, ça crée un horizon d'attente. Il n'en demeure pas moins que le plaisir est le même.

Qu’avez-vous demandé à Baptiste Amann quand vous lui avez demandé d’écrire la pièce ?

Quand j'ai eu envie de travailler avec Baptiste dont je connais le travail d'auteur et de metteur en scène, je me suis dit qu’il ne fallait pas que je sois sur le même plan que lui dans la mise en scène de ces textes. J’ai choisi la forme en lui demandant d'écrire une comédie musicale alors qu'il n'avait pas l'habitude d'écrire pour se décaler par rapport à son travail traditionnel, pour expérimenter un autre territoire et parce dans mes spectacles précédent il y avait souvent des musiciens, des chansons et que j’avais envie de me confronter à vraiment à une imbrication plus forte entre la musique, les chansons et une situation fictionnelle. Et j’ai choisi le thème avec l'histoire d'un homme au milieu de sa vie, qui traverse une crise, qui s'effondre devant nous sans raison apparente. L'histoire d'un effondrement, la traversée de cet effondrement vers quelque chose de plus lumineux. Et Baptiste nous a livré une histoire magnifique

Est-ce que le texte livré par Baptiste Amann est sacré, ou il a évolué ?

Non, ce n'est pas sacré. La pièce a été commandée il y a 3 ans et demi. Il me l'a livré il y a deux ans. On est rentré dans une grande période de discussion et de dialogue autour de la pièce. Elle a évolué un petit peu. Il a réécrit des choses, il en a modifié d'autres. Il y a un an on s'est retrouvé aussi avec toute l'équipe des acteurs. On a parlé, on a étudié le texte. On a vraiment creusé les enjeux. Et il a réécrit certaines choses en fait jusqu'en décembre dernier. La pièce a été en mouvement mais toujours en dialogue avec Baptiste. Maintenant, on ne réécrit rien mais parfois on coupe ou on enlève des petites choses. Il est même arrivé de reprendre un bout qu'il avait enlevé au cours de l’évolution du texte. Donc c'est vraiment un dialogue avec l'auteur. Le texte n'est pas sacré, Baptiste écrit pour le plateau, pour les acteurs. Il nous a toujours donné la liberté de lui poser des questions s’il y avait une chose n’est pas claire. Et si le plateau demandait autre chose, d’échanger avec lui pour que cela réponde au mieux aux exigences du spectacle.

Mercredi prochain il y a la première au Parvis. Le spectacle sera complètement finalisé et figé dans sa forme ?

Moi je crois que les spectacles commencent à vivre, commencent à grandir quand il rencontre le public. Pour l'instant, on a beaucoup de questionnements sur comment le public à s'emparer de cette chose-là. Comment il va vibrer, se raconter une histoire. Parce que je pense qu'il y aura autant de réception que de spectateurs et de spectatrices. Ce sera le début d'un autre travail. C’est un spectacle vivant qui ne se fige jamais complètement. Il dépend du lieu de la représentation, de l'humeur des acteurs, du public. On peut faire évoluer des choses s’il me semble qu’elles ne sont pas claires. Mais disons que le 11 mars tout ce qu’on a eu envie de présenter sera là.

De quoi sera fait les lendemains de la première au Parvis ?

cette année il y a une tournée dans les scènes nationales. On démarre avec Tarbes, il y aura Bayonne, Albi et Tulle qui se sont associées pour soutenir le spectacle. Et en novembre, on le reprend en tournée nationale. On fait une reprise au Centre Dramatique national de Montluçon que je dirige maintenant. Et puis on a en décembre, on a deux semaines de représentation à Paris. On continue après avec Toulouse, Narbonne, Sète, Ivry. Pour l'instant on a une trentaine de représentations qui sont programmées et ça peut tourner encore l'année d'après.

Propos recueillis par / ©Bigorre.org / publié le

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